Suspect interpellé en Haute-Savoie après la tuerie de Chevaline

Un an et demi après les faits, un suspect a été placé en garde à vue mardi dans l'enquête sur le quadruple meurtre de Chevaline, dans les Alpes françaises. Il s'agit d'un ancien policier de la ville de Menthon-Saint-Bernard, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

"L'intéressé, s'il s'agit bien de lui, a été révoqué en juin", a précisé à l'AFP Antoine de Menthon, maire de Menthon-Saint-Bernard. "Il a été radié", a-t-il ajouté. L'arrestation de cet homme de 48 ans est la première en France dans cette retentissante affaire.

Le suspect vit dans la région où le drame est survenu. Décrit comme marginal et amateur d'armes, il n'a pas de "lien direct" avec les protagonistes, a annoncé le procureur de la République à Annecy, Eric Maillaud.

Cachée sous la jupe de sa mère

Le 5 septembre 2012, Saad al-Hilli, 50 ans, ingénieur britannique d'origine irakienne travaillant dans le secteur de l'aéronautique au Royaume-Uni, sa femme de 47 ans et sa belle-mère de 74 ans, avaient été exécutés de plusieurs balles dans leur voiture. Le drame s'était déroulé sur une petite route forestière proche du village de Chevaline, non loin de la frontière suisse.

Un cycliste français, considéré par les enquêteurs comme une victime collatérale, avait également été abattu. L'une des fillettes du couple al-Hilli avait été grièvement blessée tandis que la seconde, cachée sous la jupe de sa mère, s'en était miraculeusement sortie indemne.

Portrait-robot d'un motard

L'interpellation de mardi "qui ne restera peut-être pas unique, est le fruit des témoignages recueillis notamment après la diffusion, le 4 novembre 2013, du portrait-robot d'un motard vu à proximité de la scène de crime et recherché activement par les enquêteurs", a précisé le magistrat.

Jusqu'à présent, une seule personne avait été arrêtée, au Royaume-Uni, dans cette affaire: Zaïd al-Hilli, frère de Saad, interpellé le 24 juin 2013, car soupçonné de "complot pour commettre un meurtre". Il avait été remis en liberté provisoire et conditionnelle le lendemain.

Son contrôle judiciaire a été levé à la mi-janvier. Le procureur Eric Maillaud avait cependant déclaré qu'en dépit des apparences, inhérentes aux particularités de "deux régimes juridiques différents", l'homme de 54 ans n'était aucunement "disculpé" et que des charges pesaient toujours contre lui.

Dispute pour un héritage

L'arrestation remet la piste d'un tueur local au premier plan alors que la justice travaillait plutôt sur celle d'un conflit familial sur fond d'héritage disputé entre les deux frères. Les deux scénarios ne sont toutefois pas incompatibles.

Zaïd al-Hilli n'a cessé de clamer son innocence et a refusé de se rendre en France, pays auquel il ne fait "pas du tout confiance", pour y être entendu.

/ATS


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