Syrie: le conflit atteint un nouveau degré dans la brutalité (ONU)

Le conflit a atteint un nouveau degré dans la brutalité, a affirmé mardi à Genève la commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie. Crimes de guerre et crimes contre l'humanité sont perpétrés quotidiennement par les forces gouvernementales et, avec une moindre intensité, par les rebelles.

"Nous appelons tous les Etats ayant une influence sur les belligérants à remplir leur obligation de protéger les civils", a déclaré le président de la commission d'enquête Paulo Pinheiro devant la presse, puis le Conseil des droits de l'homme.

Il a insisté sur le fait qu'il n'y a pas de solution militaire au conflit. "Personne ne pourra gagner cette guerre. Donner davantage d'armes contribuerait seulement à créer encore plus de souffrances", a averti le président de la commission. "Le dialogue est la seule issue à ce conflit", a-t-il affirmé.

Le rapport documente 17 massacres portant sur la période du 15 janvier au 15 mai. Il est basé sur 430 interviews, la commission n'ayant toujours pas accès au territoire syrien.

Del Ponte évoque les Balkans

"Il est urgent de saisir la justice, après deux ans de guerre", a de son côté déclaré l'ex-procureure du tribunal international pour l'ex-Yougoslavie Carla Del Ponte, membre de la commission. Elle a rappelé que la commission n'a pas le mandat pour saisir la Cour pénale internationale (CPI).

La Tessinoise a évoqué la guerre dans l'ex-Yougoslavie (1991-1995). "Lorsque des négociations de paix sont sur le point de commencer, la question de la responsabilité n'est pas à l'ordre du jour. On l'a vu dans les Balkans", a dit Mme Del Ponte.

"Si des négociations commencent, (...) un premier pas serait que nous obtenions l'accès au territoire syrien. (...) La question de la responsabilité viendra dans tous les cas. Un accord politique ne fonctionnera pas sans que justice soit faite", a affirmé l'ex-procureure.

Armes chimiques

Le rapport documente pour la première fois l'utilisation d'armes chimiques. Selon la commission, il y a des raisons suffisantes de croire que ces armes ont été utilisées par les deux parties, mais surtout par les forces gouvernementales. Des analyses supplémentaires sont nécessaires.

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