Trois ans et neuf mois de prison ferme pour un djihadiste allemand

Le tribunal de Francfort a condamné vendredi à trois ans et neuf mois de prison ferme un jeune de 20 ans, premier djihadiste jugé en Allemagne pour avoir rallié les rangs de l'Etat islamique (EI). La menace que représentent les djihadistes européens de retour au pays a été débattue dans ce contexte à Bruxelles et à Bâle.

Le jeune homme a été condamné par la justice allemande pour "appartenance à une organisation terroriste étrangère". De juillet à décembre 2013, il avait rejoint la Syrie et l'EI, pour prendre part à des combats contre les forces du président Bachar al-Assad en Syrie.

Le parquet avait requis une peine de 4 ans et trois mois pour ce jeune né en Allemagne de parents kosovars. Durant le procès, il a admis avoir rejoint l'EI, disant avoir ressenti le "devoir de s'élever contre l'oppression et la tyrannie".

Tensions entre islamistes

Le tribunal a écouté des enregistrements de conversations téléphoniques avec sa soeur où il disait espérer devenir un martyr. Sa famille avait informé les autorités dès sa disparition.

"L'accusé a réalisé qu'il y avait des tensions entre l'EI et d'autres groupes, également islamistes, et que les opposants au régime de Bachar al-Assad se battaient les uns contre les autres. Ceci, ainsi que les prières de sa famille, (...) explique pourquoi il est revenu", a indiqué le tribunal.

Selon le ministre allemand de l'intérieur Thomas de Maizière, environ 550 Allemands sont partis combattre dans les rangs de l'EI. Les renseignements intérieurs allemands estiment qu'au moins 60 ont déjà trouvé la mort.

Britanniques également condamnés

Deux jeunes Britanniques de Birmingham ont eux été condamnés vendredi à près de 13 ans de prison pour avoir rejoint les rangs d'une organisation terroriste en Syrie. Ils avaient été arrêtés à leur retour en Grande-Bretagne en janvier.

La menace terroriste que représentent ces djihadistes européens rentrant au pays est "réelle". Elle impose de se doter de tous les instruments pour les identifier et les neutraliser "s'ils représentent un danger", a souligné vendredi le ministre français de l'Intérieur.

Bernard Cazeneuve s'exprimait à l'issue d'une réunion avec ses homologues européens à Bruxelles consacrée notamment au phénomène des jeunes Européens qui partent combattre en Syrie.

/ATS


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