Ukraine: Ianoukovitch propose à Iatseniouk de diriger

Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a proposé samedi aux chefs de l'opposition Arséni Iatseniouk et Vitali Klitschko de diriger le gouvernement. Il s'est aussi dit prêt à une révision de la Constitution pour réduire ses pouvoirs, a annoncé la présidence.

Viktor Ianoukovitch a provoqué un coup de théâtre en se disant prêt à une révision de la Constitution pour réduire ses pouvoirs et même disposé à laisser l'opposition diriger le gouvernement.

Après des heures de négociations, le président ukrainien a proposé de nommer au poste de Premier ministre Arseni Iatseniouk, un des trois chefs de file de la contestation en Ukraine. Vitali Klitschko, autre dirigeant d'opposition, pourrait devenir vice-Premier ministre chargé des questions humanitaires.

Si Arseni Iatseniouk accepte la proposition, le président est prêt à accepter la démission du gouvernement de Mikola Azarov, une des revendications de l'opposition, a précisé la présidence.

Regain de tensions

Viktor Ianoukovitch avait annoncé vendredi un remaniement ministériel pour la semaine prochaine, ainsi que des amendements aux nouvelles lois anti-contestation. Le message n'a pas convaincu les manifestants, lesquels sont mobilisés depuis plus de deux mois.

Après deux jours de retour de calme, les violences ont repris tard vendredi soir à Kiev, théâtre de scènes de guérilla urbaine cette semaine. Les manifestants ont lancé des cocktails Molotov et des pavés vers des policiers anti-émeutes, lesquels ont répliqué avec des grenades assourdissantes et des balles en caoutchouc.

Réagissant à ce regain de tensions, le ministre de l'Intérieur Vitali Zakhartchenko a affirmé samedi dans un communiqué que l'opposition avait perdu le contrôle du mouvement, tenu par des radicaux. Il a expliqué que deux policiers avaient été séquestrés par des militants de l'opposition, puis libérés avec des traces de "torture".

Tous ceux qui resteront sur la place de l'Indépendance et dans les bâtiments occupés seront considérés "comme des membres de groupes extrémistes", a-t-il ajouté. Il a sommé les manifestants de rentrer chez eux, mettant en garde contre un possible recours à la force.

Administrations occupées

Le bilan officiel des affrontements de la semaine écoulée a atteint samedi trois tués avec le décès à l'hôpital d'un homme de 45 ans. Selon un parti d'opposition, il avait été blessé mercredi par balles. L'opposition fait état de six tués.

La contestation s'est elle encore étendue dans le pays samedi. Les protestataires ont tenté d'occuper les administrations de régions du nord et de l'est. Par ailleurs, des milliers de manifestants occupent depuis jeudi les administrations de plusieurs régions de l'ouest, notamment Lviv. Ils réclament le départ des gouverneurs nommés par le président.

/ATS


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