Kiev sous haute tension après des heurts meurtriers

Les policiers ont commencé mardi soir à déloger les milliers de manifestants hostiles au président ukrainien Viktor Ianoukovitch, réunis sur la place du Maïdan à Kiev. Le leader de l'opposition Vitali Klitschko s'est rendu à la présidence pour rencontrer le président, après des affrontements qui ont fait au moins quatorze morts.

Précédés de trois véhicules blindés équipés de canons à eau, plusieurs centaines de Berkout, les membres redoutés des forces anti-émeute, ont commencé à progresser vers la place de l'Indépendance -Maïdan-, franchissant plusieurs barricades dressées en vain pour les arrêter.

Equipés de porte-voix, les policiers avaient auparavant demandé aux femmes et aux enfants de quitter les lieux, évoquant le déclenchement d'une "opération antiterroriste". Des policiers équipés de fusils d'assaut étaient déployés en seconde ligne.

Alors que les forces de l'ordre progressaient très lentement, les protestataires ripostaient à l'aide de pavés et de cocktails Molotov, incendiant partiellement un véhicule blindé.

Ilot de liberté

Derrière eux, plusieurs milliers de manifestants entonnaient l'hymne national ukrainien. Parmi les dizaines de tentes parsemant le Maïdan, plusieurs étaient en feu, atteintes par des cocktails molotov ou des grenades.

Cet assaut survient après une journée d'affrontements, les plus meurtriers depuis le début de la contestation, qui ont fait au moins quatorze morts mardi, dont six policiers. Au moins 150 manifestants ont été blessés, dont 30 grièvement, selon Oleg Moussiï, chef du service médical de l'opposition. Quelque 135 policiers ont été hospitalisés, dont 35 dans un état grave, a-t-on affirmé de source officielle.

Le métro de Kiev a été fermé et les autorités ont fait savoir que le trafic routier en direction de la capitale serait "limité" à partir de minuit, afin d'éviter "l'escalade des violences et de nouvelles victimes", des manifestants de villes de province ayant annoncé leur intention de s'y rendre.

Près de 20'000 personnes

L'opposition avait promis une "offensive pacifique" pour mettre la pression sur les députés. Le rassemblement de mardi a réuni jusqu'à 20'000 personnes pour un défilé qui a dégénéré par la suite.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé le gouvernement et les opposants en Ukraine à faire preuve de retenue et à "reprendre un dialogue véritable", a indiqué mardi soir son porte-parole Martin Nesirky.

L'opposition réclame la possibilité de former un gouvernement indépendant pour mettre fin aux troubles et sauver l'économie de l'effondrement. La crise a été déclenchée il y a près de trois mois avec le refus du président Ianoukovitch de signer un accord de partenariat avec l'Union européenne au profit d'un rapprochement avec la Russie.

/ATS


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