Acquittement du médecin accusé de lésions corporelles graves

Le Tribunal de police de Genève a acquitté un médecin-radiologue de 51 ans poursuivi pour lésions corporelles graves par négligence. La prévenue était accusée d'avoir eu un comportement qui a conduit à une erreur de diagnostic.

Cette erreur a obligé une femme en bonne santé à suivre un traitement de choc contre un cancer du sein agressif dont elle ne souffrait pas. La cour a reconnu que le médecin avait pris un risque en oubliant dans la salle d'examen un tube de prélèvements sans l'avoir étiqueté. Mais elle juge très ténue la probabilité que cette absence d'étiquetage aboutisse à des conséquences dramatiques.

Selon le tribunal, l'accusée n'est pas la seule à avoir été négligente et d'autres médecins n'ont pas fait preuve de sens critique. La plaignante a ainsi été soumise à un traitement lourd sans que personne n'y mette un frein. Elle a eu droit à une chimiothérapie alors que la tumorectomie n'avait pas signalé de cancer.

Un scandale et une injustice

La plaignante, qui a raconté lors du procès l'impossibilité pour elle, encore aujourd'hui, de faire face à ce qui lui est arrivé, a éclaté en sanglots à l'issue de l'audience. Son mari s'est dit scandalisé et a parlé d'injustice. L'accusée ne devra pas payer les frais de procédure et va recevoir 5000 francs pour tort moral.

Le drame remonte à novembre 2007. L'accusée était employée à l'époque par un institut de radiologie en tant que médecin-radiologue. En fin de journée, elle accueille une dernière patiente. Cette femme est atteinte d'un grave cancer du sein. Des prélèvements tissulaires sont effectués pour analyse.

Flacon rangé

Les prélèvements sont placés dans deux flacons différents. L'un des flacons n'est pas étiqueté et est oublié par le médecin dans le laboratoire. Le lendemain, un autre médecin prend ce même flacon, qui a été rangé par on ne sait qui dans un tiroir d'un chariot, pour y mettre les tissus cellulaires de la plaignante.

Le résultat tombe quelques jours après. Cette femme, saine, est alors prise en charge immédiatement et doit suivre un traitement lourd, qui comprend une opération du sein et une chimiothérapie. La plaignante dit avoir, aujourd'hui encore des séquelles, aussi bien physique que psychologiques, de l'épreuve qu'on lui a fait traverser.

/ATS


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