Assaut contre Abou Sayyaf qui retient trois otages, dont un Suisse

L'armée philippine a annoncé avoir tué six membres du groupe islamiste Abou Sayyaf qui retient trois otages étrangers, dont un Suisse, dans le sud de l'archipel. Les otages sont toujours vivants, a assuré un responsable militaire.

L'armée a lancé l'assaut samedi sur un village reculé de l'île de Jolo, près duquel se cachent des dizaines de membres du groupe lié à Al-Qaïda. Les soldats, assistés des forces de police et de milices gouvernementales, ont agi sur des informations transmises par des habitants du secteur, a indiqué le colonel Jose Johriel Cenabre.

Six militants ont été tués et six autres blessés lors de l'assaut qui a duré une quinzaine de minutes, et que le responsable militaire a qualifié de "frappe chirurgicale". Une cinquantaine de rebelles sont parvenus à s'enfuir.

Otages vivants

On ignore si les otages étaient avec les rebelles lorsque les combats ont éclaté, a indiqué Jose Johriel Cenabre. "Mais je peux vous assurer que selon nos renseignements, ils sont toujours vivants et gardés sur l'île", a-t-il dit.

Les membres d'Abou Sayyaf avaient enlevé en février 2012 deux ornithologues amateurs, un Néerlandais et un Suisse, sur l'archipel de Tawi-Tawi, près de Jolo. Le taxidermiste saint-gallois, aujourd'hui âgé de 48 ans, et son compagnon d'infortune s'étaient rendus dans la zone pour observer des espèces d'oiseaux en voie de disparition.

Un Japonais est retenu, lui, depuis juillet 2010, date à laquelle il avait été enlevé sur l'île voisine de Pangutaran.

Attentats et enlèvements

Fondée au début des années 1990, l'organisation Abou Sayaf a commis plusieurs attentats meurtriers, dont l'incendie d'un ferry au large de Manille en février 2004 qui avait fait 116 morts. Elle est aussi à l'origine d'une prise d'otages le 23 avril 2000 de 21 personnes, dont dix touristes occidentaux, sur l'île malaisienne de Sipadan, libérés contre des millions de dollars.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) déconseille "les déplacements dans tout l'archipel" de Sulu, où se situe Jolo, précisant que "le risque d'enlèvement est réel dans l'ensemble de (cet) archipel". Il déconseille également de se rendre dans la région de mindanao (sud).

/ATS


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