Bâle-Campagne refuse d'adhérer au concordat anti-hooligans

Après le parlement de Bâle-Ville, le législatif de Bâle-Campagne a refusé jeudi à une large majorité d'adhérer au concordat renforcé contre les hooligans. Pour les députés, les mesures proposées sont excessives. De plus, selon eux, elles violent des droits fondamentaux.

Les députés au parlement de Bâle-Campagne ont jugé que le concordat renforcé menace la voie choisie avec succès jusqu'à présent par Bâle-Ville pour mettre fin aux violences dans et autour des stades. La frontière entre les deux Bâles passe devant le Parc St-Jacques du FC Bâle.

Adhérer au concordat renforcé serait pour la région bâloise "un violent retour en arrière", a déclaré un député PLR. D'autres élus ont rappelé qu'aucun événement grave ne s'est produit au cours des dernières années à Bâle.

Nette majorité contre

Seul le groupe démocrate-chrétien a voté en faveur de l'adhésion au concordat renforcé. Au vote final, le non l'a emporté très nettement par 72 voix contre 10.

Par 55 voix contre 21, le parlement de Bâle-Campagne a aussi transmis au gouvernement une motion exigeant de soumettre à autorisation l'organisation d'une grande manifestation sportive. C'est déjà le cas à Bâle-Ville depuis longtemps.

Cette mesure est aussi contenue dans le concordat renforcé. Celui-ci prévoit également que les autorités puissent imposer des tickets combinés pour les transports et l'entrée au stade afin d'éviter tout contact entre les fans des équipes adverses. Le concordat prévoit enfin un renforcement des contrôles d'identité et des fouilles avec une interdiction des stades pouvant aller jusqu'à trois ans.

Inutile et douteux

Le 11 décembre dernier, le parlement de Bâle-Ville a refusé par 63 voix contre 13 d'adhérer au concordat renforcé contre les hooligans. Les opposants à l'adhésion ont estimé qu'un durcissement des mesures serait contreproductif, inutile et douteux sur le plan des droits fondamentaux. Seuls le PDC et l'UDC ont voté oui.

Jusqu'à présent, 18 parlements ont accepté d'adhérer au concordat renforcé et il est déjà en vigueur dans dix cantons. Lucerne a adhéré, mais un recours est pendant devant le Tribunal fédéral.

Les citoyens bernois se prononceront le 9 février. Au Tessin, le référendum a échoué. Dans le Jura et à Fribourg, le délai référendaire court toujours, mais aucun comité d'opposants n'a été créé.

/ATS


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