Didier Burkhalter combat l'enrôlement des enfants-soldats

"Nous devons tout faire pour protéger la jeunesse des horreurs de la guerre", a martelé mardi Didier Burkhalter lors de la Conférence annuelle de la Division Sécurité Humaine du DFAE. Environ 250'000 enfants servent dans des forces armées étatiques ou des groupes armés de par le monde. La Suisse lance un plan d'action.

"Chacun de ces 250'000 cas est un scandale humain", a déclaré à Berne le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Louant les mérites des récents prix Nobel de la paix - la jeune pakistanaise Malala Yousafzaï et l'Indien Kailash Satyarthi - engagés dans la lutte contre les violences faites aux enfants, Didier Burkhalter a souligné que "des centaines de milliers d'enfants souffrent toujours des effets des conflits armés".

Le président de la Confédération a cité le Soudan du Sud, Gaza, le Nigeria, l'Irak et la Syrie parmi les Etats ou zones de guerre où le phénomène est notoire. Actualité oblige, il s'est insurgé contre "les terroristes de l'Etat islamique" qui recrutent des enfants en promettant une scolarisation gratuite, "comble du cynisme" selon lui.

Le ministre des affaires étrangères, qui a mis la jeunesse au centre de son année présidentielle, a officiellement lancé mardi le plan d'action pour la protection des enfants enrôlés dans les conflits. Le but est d'appuyer l'action de la Suisse et des autres pays afin de consolider le respect des normes juridiques en vigueur, notamment l'interdiction de recruter des jeunes âgés de moins 18 ans.

Acteurs non étatiques

Berne invite tous les Etats à respecter cette limite d'âge dans le cadre d'un engagement universel. Mais la plupart des mouvements armés qui combattent sur le terrain sont aujourd'hui non étatiques et ne se sentent pas concernés par la juridiction internationale.

Parmi les 59 acteurs ou mouvements armés qui foulent aux pieds la protection juridique des enfants, 51 ne sont pas des structures étatiques. Berne veut établir et renforcer le dialogue avec ces groupes par l'entremise d'organisations internationales comme le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ou l'Appel de Genève.

La Suisse veut aussi renforcer la mobilisation internationale, notamment sous l'égide des Nations Unies. La procureure générale de la Cour pénale internationale Fatou Bensuda, présente mardi à Berne, prône une coopération entre les procureurs, la société civile et l'ONU pour obtenir "une application plus efficace et plus systématique des normes existantes" afin de lutter contre l'impunité.

M. Burkhalter a insisté sur la forte présence de filles soldates parmi les enfants enrôlés de force. Ces dernières représenteraient 40% d'entre eux et leur réintégration sociale, alors qu'elles sont souvent victimes de viols, est difficile.

/ATS


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