Drapeaux en berne après la prise d'otages à Sydney

Après seize heures d'angoisse, la prise d'otages à Sydney a pris fin lundi avec l'assaut des policiers d'élite. Le forcené, un militant islamique radical, et deux otages ont été tués. Après le drame, les drapeaux des bâtiments du gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud ont été mis en berne.

Lors de leur intervention, les commandos de la police ont notamment fait usage de grenades à percussion. Le preneur d'otages n'avait pas placé d'explosifs dans ce café proposant les produits d'un chocolatier zurichois. Le drame est survenu dans le quartier des affaires de la grande ville australienne.

Les policiers ont donné l'assaut après avoir entendu des coups de feu. Le preneur d'otages, âgé de 49 ans, était connu de la police. Il était en liberté sous caution. Il "a un lourd passé de violences criminelles, d'attirance pour l'extrémisme et d'instabilité mentale", a déclaré le Premier ministre Tony Abbott.

Ce militant islamique d'origine iranienne avait contraint les otages à tendre sur la vitrine du café un drapeau noir portant des caractères arabes mentionnant la "shahada", ou profession de foi musulmane: "Il n'y a de Dieu qu'Allah et Mahomet est son prophète".

Deux des otages ont été tués. Il s'agit d'un homme de 34 ans et d'une femme de 38 ans, mère de trois enfants. Plusieurs personnes ont été blessées, mais leur vie n'est pas menacée. Au total, 17 personnes ont été retenues, dont cinq ont toutefois réussi à s'échapper durant la journée.

"Culte de la mort"

"Au fur et à mesure du siège" du café, le preneur d'otages "a cherché à donner à ses agissements le couvert symbolique du culte de la mort" que représente l'organisation Etat islamique (EI), a ajouté le Premier ministre australiens.

Les Australiens "doivent se sentir rassurés par la façon dont nos agences chargées de la sécurité et du maintien de l'ordre ont réagi à ce contact avec le terrorisme", a-t-il encore dit. "Clairement, il y a des leçons à tirer" de ce drame.

Gerbes de fleurs

Cette prise d'otages a suscité une forte émotion en Australie. Mardi, des gens sont venus déposer des gerbes de fleurs à proximité du Lindt Cafe. Les drapeaux ont été mis berne sur tous les bâtiments du gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud et du Commonweath.

Martin Place est le centre financier de Sydney et compte de nombreuses administrations, dont les bureaux du Premier ministre de l'Etat de Nouvelle-Galles du Sud, Mike Baird, ainsi que le siège de la banque centrale.

Des exigences

Les médias locaux ont rapporté que le militant islamique avait contraint ses otages à se filmer pour exposer ses exigences. Dans deux vidéos, il disait qu'il allait libérer cinq otages s'il recevait un appel du Premier ministre, d'après la Australian Broadcasting Corporation. Il a également exigé qu'on lui apporte un drapeau de l'EI et prétendu avoir déposé quatre bombes, ce qui s'est révélé faux.

L'Iran a officiellement condamné lundi la prise d'otages, la qualifiant d'injustifiable. L'ancien avocat du preneur d'otages Manny Conditsis a exclu qu'il ait pu s'agir d'un acte concerté, organisé. "C'est un individu dérangé qui a commis un acte terrifiant", a-t-il dit à la chaîne de télévision ABC.

Lettres d'injures

Selon le quotidien "The Australian", il avait dans le passé envoyé des lettres d'injures aux familles de soldats morts en opérations. Il était en liberté conditionnelle sous l'accusation de complicité de meurtre dans l'enquête sur la mort de son ex-épouse.

Il était arrivé en 1996 en Australie grâce au statut de réfugié, vivait dans la banlieue de Sydney et était un "islamiste radical", a poursuivi le journal. Ces informations sont recoupées par son propre site Internet.

Après la fin de la prise d'otages, le fabricant de chocolat zurichois a fait part lundi soir de sa tristesse dans un communiqué. Il a témoigné sa sympathie aux familles touchées par cet attentat.

/ATS


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