Economies: le National renvoie le projet au Conseil fédéral

Le programme d'économies devra être revu et corrigé. Faisant fi de la Chambre des cantons, le National a confirmé lundi son opposition au projet au gouvernement; par 112 voix contre 70, il l'a renvoyé définitivement à l'expéditeur, au grand dam d'Eveline Widmer-Schlumpf.

Le Conseil fédéral est désormais prié de présenter un projet dans lequel il devra prévoir "au moins deux scénarios". Dans le premier, privilégié par la droite dure, il s'agira de prévoir une réduction considérable des dépenses. Leur croissance jusqu'en 2016 devra être limitée à la croissance économique effective.

Les éventuels dépassements devront être compensés l'année suivante. Les dépenses contraignantes liées aux rétributions du personnel devront en outre être limitées à trois milliards de francs.

Dans le second scénario, qui a les faveurs de la gauche, le Conseil fédéral devra explorer les possibilités de recettes.

Visions opposées

Les caisses de l'Etat, qui alignent les excédents de recettes depuis des années, n'ont pas besoin de coupes à tout crin, a jugé Cédric Wermuth (PS/AG). A moins que le but ne soit d'offrir de nouveaux allègements fiscaux, notamment par le biais de la troisième réforme de l'imposition des entreprises, a ajouté Daniel Vischer (Verts/ZH).

A l'inverse, Christoph Blocher (UDC/ZH) a fustigé l'absence d'économies réelles. A force de louvoyer, il faudra payer l'addition un jour, a-t-il averti.

Une minorité composée de PBD, PVL, PLR et PDC a tenté de sauver le plan d'austérité. Son renvoi va entraîner une perte de temps néfaste pour les finances de la Confédération, a critiqué Urs Gasche (PBD/BE). Au Conseil des Etats, les partis bourgeois avaient réussi à obtenir le dessus sur la gauche et l'UDC.

Peu convaincant

Mais la décision de la Chambre du peuple prime désormais. Contre sa volonté, la ministre des finances devra donc remettre l'ouvrage sur le métier.

Le plan d'austérité avait été réclamé par le Parlement, a-t-elle rappelé. Aux yeux Mme Widmer-Schlumpf, les deux scénarios requis ne paraissent pas très convaincants. Un programme d'économies ne peut pas se baser uniquement sur des recettes supplémentaires ni sur la suppression de près de 2000 emplois, a-t-elle averti, sans succès.

/ATS


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