Election du Conseil fédéral par le peuple rejetée - oui sur l'asile

Les citoyens suisses ont refusé dimanche très largement l'élection du Conseil fédéral par le peuple. L'initiative populaire de l'UDC a été balayée par 76,3% des votants. Ils ont par contre plébiscité les mesures urgentes concernant l'asile. Atteignant 39%, la participation a été médiocre.

En matière d'asile, rien ne va changer. Infligeant une défaite d'une ampleur inégalée aux référendaires, le peuple a simplement entériné a posteriori par 78,5% des voix une révision urgente de la loi en vigueur depuis fin septembre. Tous les cantons ont dit "oui".

Les plus convaincus ont été les citoyens d'Appenzell Rhodes-Intérieures avec 86,8% d'adhésion, les plus réticents les Genevois avec 61,3% de voix. Il n'y a pas eu de "Röstigraben" sur le verdict, mais les Romands se sont montrés un peu moins enthousiastes. Le Valais est le plus favorable à la révision (76,8%). Outre-Sarine, les mesures urgentes ont été plébiscitées presque partout à plus de 80%.

Ce verdict était attendu. Le peuple a jusqu'ici accepté largement tous les durcissements de la loi. Les Jeunes Verts et les quelques ONG à l'origine du référendum n'ont pas réussi à inverser la tendance. Les Suisses ont suivi le Conseil fédéral et les partis bourgeois.

UDC désavouée

L'initiative populaire de l'UDC pour l'élection du Conseil fédéral par le peuple a été balayée par 76,3% des votants. Aucun canton ne l'a acceptée.

Le "non" est particulièrement fort en Suisse romande. Les quatre cantons les plus réfractaires sont le Jura (82%), Neuchâtel (80,8%), Fribourg (80,3%) et Vaud (79,5%). L'initiative a réalisé son moins mauvais score au Tessin (67,8%). Suivent Schwyz (69,6%) et Schaffhouse (70,9%).

Campagnes ruineuses faisant dépendre les candidats de lobbies, personnalisation outrancière aux dépens de la collégialité, conflit entre exécutif et législatif, Tessinois et Romands mis en concurrence: la longue liste d'arguments contre l'initiative a convaincu.

Les tenants du statu quo ont eu beau jeu de dénoncer dans la démarche de l'UDC une réaction à la non-réélection au gouvernement de son mentor Christoph Blocher. En face, la campagne du parti de droite a fait pâle figure.

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