Genève: épouse sous le choc après l'arrestation de son mari

La riche épouse que son mari banquier a tenté d'assassiner avec l'aide de trois complices était loin de penser pouvoir être la victime d'une telle machination, ourdie par le père de ses deux enfants. "Jamais je n'aurais imaginé qu'il puisse me faire du mal", a-t-elle souligné vendredi, devant le Tribunal criminel de Genève.

"Le choc le plus fort dans cette affaire a été lorsque j'ai appris l'incarcération de mon mari", a ajouté cette femme d'origine anglaise, qui a déposé devant le tribunal avec calme et précision, sans se laisser submerger par les émotions. Elle a affirmé que ses enfants allaient bien et avaient réussi à tourner la page.

A plusieurs reprises, la victime s'est retournée vers son mari pour lui dire entre quatre yeux ce qu'elle pensait de ce drame. "Il est important que tu laisses les enfants en paix, ils en ont besoin pour leur reconstruction. J'aimerais que tu le comprennes", lui a-t-elle asséné.

Elle s'est montrée également claire concernant leur projet de divorce. Selon elle, la garde des enfants n'a pas été source de litige entre les deux époux, et elle n'a jamais eu l'intention de les utiliser pour faire souffrir son mari. La convention qui a finalement été signée accordait au père un droit de visite élargi.

Contentieux financier

Selon elle, le seul différend a tourné autour des acquêts. "Je ne souhaitais pas les partager", a indiqué la plaignante. Son mari lui aurait fait savoir qu'elle ne devait plus se faire de souci à ce propos, une semaine avant son agression dans le jardin de sa propriété, survenue alors qu'elle rentrait d'un séjour en Autriche.

"Je voulais retrouver ma liberté", a ajouté la femme. A ses yeux, l'argent qu'elle avait épargné était le fruit de son labeur. Son mari, lui, était confronté à des difficultés professionnelles, buvant la tasse à cause de l'affaire Madoff. "Je ne demandais aucune pension et je pensais que c'était un partage juste".

Suite la semaine prochaine

Lorsqu'elle est agressée en février 2012 dans son jardin, le soir, par un homme de main engagé par son époux, via des intermédiaires, la plaignante a cru sa dernière heure arriver. "J'ai pensé que mes enfants et mon mari s'étaient fait attaquer avant moi dans la maison", a-t-elle déclaré au tribunal.

Le procès du mari et de ses trois complices se poursuit la semaine prochaine avec le réquisitoire et les plaidoiries. Le jugement est attendu vendredi 10 octobre.

/ATS


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