L'Uni de Zurich explore le "Soi" par les drogues et la méditation

L'Université de Zurich cherche des amateurs de psilocybine. Cette substance active des "champignons magiques" fera partie des produits administrés lors d'une retraite en neurosciences dans un "centre zen".

L'établissement académique veut recruter des personnes expérimentées en méditation, rapporte mercredi le quotidien alémanique "Blick". Le but de l'étude est d'en apprendre davantage sur le "Soi", ainsi que sur des maladies dans lesquelles cette entité est perturbée, explique à l'ats le directeur des travaux Franz Xaver Vollenweider.

La confiance en soi et l'autorégulation "nous permettent d'avoir une perception unitaire de nous-mêmes, en tant que 'Je' qui se situe au centre de ses actions et expérimentations". Et le scientifique d'illustrer: "Je sais par exemple que c'est moi qui bouge ma main, et pas quelqu'un d'autre."

Schizophrénie

Justement, cette expérience de soi est perturbée chez les malades atteints de schizophrénie. Ces personnes peuvent croire qu'un autre individu influence les mouvements de leur main. Les fortes dépressions peuvent, elles aussi, modifier la perception de soi-même, complète M. Vollenweider.

"Nous cherchons donc à mieux comprendre les processus observés lors de pathologies psychiques. Pour cela, nous allons mesurer l'activité cérébrale des cobayes avant et après la retraite."

La psilocybine présente l'avantage de relâcher provisoirement l'attention et l'autorégulation. "Nous verrons si des méditateurs expérimentés sont capables de compenser cet effet." L'opération permettra d'étudier le "centrage sur soi", une faculté que possèdent les personnes en bonne santé, et qui peut être améliorée par la méditation zen.

"Dose minime"

La psilocybine étant un stupéfiant susceptible d'engendrer des hallucinations, une autorisation de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), ainsi que de la commission zurichoise d'éthique a été nécessaire, souligne M. Vollenweider. En outre, "la dose utilisée est minime." Les cobayes percevront leur univers visuel de façon plus marquée, mais ne vivront pas "d'expérience mystique", rassure le professeur.

/ATS


Actualisé le

 

Actualités suivantes