L'Union syndicale veut davantage de CCT et des salaires minimums

L'Union syndicale suisse (USS) se prépare à lancer la bataille en faveur des salaires minimums. Son initiative populaire sera probablement soumise au vote le 18 mai, voire le 28 septembre. Autre combat en vue, faire passer le taux de couverture des travailleurs par des conventions collectives de travail (CTT) de 50 à 60 %.

"2014 sera une année décisive pour la protection des salaires en Suisse", a lancé Paul Rechsteiner mardi lors de la conférence de presse annuelle de la centrale syndicale. Le président de l'USS mise sur un renforcement des conventions collectives de travail (CCT).

L'initiative de l'USS, prochainement en votation, veut assurer qu'aucun travailleur en Suisse ne touche moins de 22 francs par heure ou 4000 francs par mois pour un plein temps. Mais elle fait aussi la part belle aux CCT.

Le but des syndicats n'est pas forcément un salaire minimal étatique, mais plutôt un revenu équitable déterminé par les partenaires sociaux, a assuré M. Rechsteiner.

"Anti-partenaires sociaux"

Aujourd'hui, moins de la moitié des travailleurs suisses sont protégés par des salaires minimaux fixés dans des CCT. Le taux de couverture conventionnel devrait augmenter rapidement pour passer à 60 %, a exigé l'économiste en chef de l'USS Daniel Lampart.

Il suffirait de supprimer le principal obstacle actuel à l'extension, soit le quorum fixant qu'au moins 50 % des employeurs de la branche soient liés par la CCT. Parmi les secteurs visés, l'USS a cité les commerces de vêtements et de chaussures qui refusent même d'entrer en discussion avec les syndicats. Les mêmes chaînes de magasins disposent de CCT dans les pays voisins, a critiqué M. Lampart.

L'agriculture, qui reçoit des milliards de subventions chaque année, devrait aussi se mettre au pas; idem des éditeurs qui ont conclu une CCT en Suisse romande mais n'assurent aucune protection conventionnelle aux journalistes de l'autre côté de la Sarine. Grâce aux CCT, les employeurs corrects ne pourront plus craindre la concurrence des "moutons noirs", selon l'USS.

Alerte chômage

D'un point de vue économique, la Suisse doit faire des efforts. Elle est en train de perdre sa place de pays le moins touché par le chômage au profit de l'Allemagne. L'Union syndicale réclame des mesures pour corriger la surévaluation du franc.

La prospérité helvétique passe aussi par des services publics de qualité. Or, la plupart des cantons ont misé sur des baisses d'impôts et se retrouvent désormais à ficeler des plans d'austérité plutôt que d'investir, a regretté l'économiste en chef.

L'USS s'attaque aussi au projet du Conseil fédéral sur la prévoyance vieillesse 2020, qui constitue, pour elle, un démantèlement social conséquent. Et de fustiger le relèvement de l'âge de la retraite pour les femmes de 64 à 65 ans, des coupes dans les rentes de veuves et dans la remise en question de l'indexation des rentes AVS.

/ATS


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