L'organisation de prisonniers Reform 91 réclame plus d'efficacité

Après le meurtre d'une sociothérapeute à Genève, l'organisation de prisonniers Reform 91 réitère son exigence de règles unifiées en matière d'exécution des peines. Dans une résolution adressée au DJFP, elle estime que la resocialisation telle qu'elle est pratiquée actuellement est inefficace.

Reform 91 demande des règles contrôlées, qui soient appliquées de manière unifiée et périodiquement réexaminées. De surcroît, ces règles doivent être accompagnées par des criminologues, ce qui n'est pas le cas actuellement, plaide l'organisation.

"C'est pourquoi la resocialisation, dans la pratique, est essentiellement un slogan sans résultats vérifiables", écrit lundi Reform 91 dans sa missive envoyée au Département fédéral de justice et police (DFJP).

L'organisation met aussi en garde contre une "psychologisation" du droit pénal et de l'exécution des peines et des mesures. Celle-ci crée une sécurité apparente et décharge la justice et les établissements pénitentiaires de leur responsabilité. "C'est fatal et cela mène de manière programmée à ces cas comme celui de Genève".

Au lieu de "discours trompeurs et enjôleurs", Reform 91 exige davantage d'efficacité et de résultats évaluables "pour la sécurité de la société et de véritables chances de resocialisation pour les détenus".

En 2011 déjà

Reform 91 a été fondée il y a 20 ans. L'organisation se définit comme un groupe d'entraide mutuelle pour les détenus et les marginaux. Elle avait déjà demandé une loi fédérale pour l'exécution des peines en 2011, après la cavale d'un dangereux prisonnier dans le canton de Neuchâtel, qui s'était enfui lors d'une promenade après avoir menacé ses gardiens.

L'organisation avait transmis une pétition en ce sens, dont le Conseil national avait pris acte mais sans y donner suite en mars 2012.

Actuellement, l'exécution des peines en Suisse relève de la compétence des cantons. Ceux-ci collaborent dans des concordats - celui de la Suisse latine, celui de la Suisse du nord-ouest et centrale et celui de la Suisse orientale. Le cas genevois a relancé le débat sur une unification des règles.

/SERVICE


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