La Belgique approuve la politique de paix prônée par Burkhalter

Une solution au conflit en Ukraine ne peut être que politique, a réaffirmé Didier Burkhalter vendredi à Bruxelles. Le président de la Confédération y a consolidé les liens bilatéraux avec la Belgique. Plus tard, il a rappelé la nécessité d'une politique de paix partout dans le monde.

Il existe des points de convergence sur le dossier ukrainien, ont assuré M. Burkhalter et le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders. Le chef de la diplomatie belge prévoit de se rendre à Moscou en décembre.

Didier Burkhalter a souligné une nouvelle fois l'importance du cessez-le-feu conclu le 5 septembre à Minsk, en Biélorussie. Alors que la situation dans l'est de l'Ukraine ne cesse d'empirer depuis le début du mois, cet accord constitue pour l'heure l'unique base permettant de régler politiquement ce conflit, a-t-il dit.

Danger des sanctions

Le président en exercice de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) n'est pas très optimiste. "La seule chose que nous pouvons faire actuellement, c'est de stabiliser la situation", a dit M. Burkhalter. C'est déjà beaucoup, "mais cela ne suffit pas".

De son côté, M. Reynders n'a pas voulu s'exprimer sur un éventuel renforcement des sanctions contre la Russie - un sujet qui sera discuté lundi avec ses homologues de l'Union européenne (UE). Il a simplement assuré qu'il fallait éviter une escalade du conflit et souligné l'importance du processus politique.

Selon Didier Burkhalter, il ne faut sous-estimer ni les effets ni les dangers de sanctions.

Dossiers européens

Sur un plan bilatéral, les deux ministres ont souligné les bonnes relations entre la Confédération et la Belgique. M. Reynders a assuré qu'il "n'y a aucun problème". Le seul, c'est que les ministres des Affaires étrangères ont le même prénom, a-t-il plaisanté.

Durant leur entretien, les "deux Didier" ont évoqué la libre circulation des personnes, l'accord-cadre en cours de négociations entre la Suisse et l'UE ainsi que l'accord sur l'électricité, a précisé M. Reynders. Le ministre belge a assuré la Confédération de son soutien dans la résolution des problèmes avec l'Union européenne.

Audience avec le roi

Sur la libre circulation, le libéral wallon a plaidé pour que les négociations entre Berne et Bruxelles puissent enfin débuter. "Quand on veut régler un problème, il faut négocier", a-t-il lancé. Pour l'heure, seule la Suisse dispose d'un mandat de négociations sur ce sujet. Du côté européen, c'est le silence radio.

M. Reynders a par ailleurs indiqué qu'il entrevoyait "une certaine marge de manoeuvre" dans ce dossier, sans toutefois donner plus de précisions.

Après le chef de la diplomatie belge, M. Burkhalter a rencontré le Premier ministre Charles Michel et a été reçu en audience par le roi Philippe. Là encore, les principaux thèmes évoqués ont été la situation actuelle en Ukraine ainsi que le rôle de l'OSCE en Europe, a indiqué dans un communiqué le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Visite d'un mémorial

Dans l'après-midi, le Neuchâtelois s'est rendu à Ypres, théâtre de violentes batailles durant la Première Guerre mondiale. Le président de la Confédération a visité sous un ciel couvert la tranchée "Hill 62", où se trouve un mémorial en l'honneur des nombreux soldats canadiens ayant combattu pour l'armée britannique.

"Ce lieu démontre combien il est important pour la Suisse de s'engager en faveur d'une politique de paix", a déclaré M. Burkhalter. Il a signalé que les efforts en ce sens ne concernent pas seulement l'Ukraine, mais le monde entier.

Jeunes Suisses à Ypres

Il est utile que les jeunes soient sensibilisés aux horreurs de la Grande Guerre, a insisté le chef de la diplomatie suisse. Il est essentiel de leur montrer ce que signifie la paix, a ajouté le conseiller fédéral, qui avait lancé en mars dernier un concours pour les jeunes Suisses sur la Première Guerre mondiale.

Les trois classes helvétiques distinguées lors de ce concours ont rencontré Didier Burkhalter après sa visite à Ypres. Le président de la Confédération a souligné devant les élèves sur l'intérêt de réfléchir à la Premier Guerre mondiale, cent ans après le début du conflit, "parce que le présent et l'avenir se construisent sur les fondations du passé".

/ATS


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