La Suisse romande moins ouverte à l'Europe qu'en 1992

Le 9 février, la Suisse romande a montré moins d'enthousiasme vis-à-vis de l'Europe qu'en 1992. Inversément, la Suisse alémanique a été moins ferme dans son rejet, selon une carte de la Communauté d'études pour l'aménagement du territoire. Elle montre aussi que le basculement en faveur de l'initiative de l'UDC est dû aux régions frontalières et aux communes suburbaines alémaniques.

En 1992 et 2014, même si les objets soumis au peuple étaient différents, les deux votes ont concerné directement "l'intensité des relations que nous voulons avoir avec l'Europe", explique mercredi Martin Schuler, professeur honoraire à l'EPFL et membre de la Communauté d'études (CEAT), dans "Le Temps".

Sur une carte de la Suisse, les communes moins ouvertes vis-à-vis de l'Union européenne (UE) par rapport à la votation de 1992 sur l'Espace économique européen (EEE) sont marquées en rouge, celles se montrant plus ouvertes à l'UE en vert. Or, la Suisse romande et le Tessin semblent clairement en rouge, alors que la Suisse alémanique se teinte de vert.

Le 9 février, la Suisse romande, en refusant l'initiative de l'UDC "contre l'immigration de masse", a manifesté son ouverture à l'Europe. Moins fortement toutefois que 22 ans auparavant.

Suisse romande écarlate

Genève, la région lausannoise, l'agglomération de Sion et l'arc jurassien, écarlates, marquent un repli sensible du vote de l'ouverture, analyse Martin Schuler. En Suisse alémanique, dans les banlieues bâloise, bernoise et zurichoise, le "oui" à l'EEE de 1992 s'est transformé en "oui" contre l'immigration de masse.

De ces observations, Martin Schuler conclut que les régions frontalières et les communes des couronnes urbaines de Zurich, Berne et Bâle ont fait pencher la balance en faveur de l'initiative de l'UDC.

Densité mal vécue

La population de ces zones est la plus directement touchée par les changements sociaux et économiques des dernières années, remarque encore le professeur. Dans ces régions suburbaines, un autre mouvement intervient. Plus la densité augmente, moins les gens se montrent ouverts à l'Europe.

Dans les centres-villes en revanche, même s'ils sont également densément peuplés, cette corrélation ne s'observe pas. Et le professeur de mettre en garde contre une nouvelle "décennie d'incompréhension confédérale" et de crise.

/ATS


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