Large alliance contre l'élection populaire du Conseil fédéral

"Non à l'américanisation de la politique suisse", a clamé jeudi l'alliance interpartis contre l'élection du Conseil fédéral par le peuple. Accepter l'initiative de l'UDC conduirait à renforcer la politique spectacle et le pouvoir de l'argent dans la politique suisse, selon elle.Une campagne au niveau national coûterait bien plus cher qu'au niveau cantonal; les candidats qui bénéficient d'un soutien financier important auraient donc plus de chances d'être élus, a relevé l'écologiste Antonio Hodgers. La Suisse ne connaît aucune réglementation en matière de transparence des frais de campagne, de dons ou de limitation des dépenses électorales, a rappelé le conseiller national genevois.Avec un gouvernement élu par le peuple, les conseillers fédéraux seraient en permanence en campagne, a noté de son côté la conseillère aux Etats Verena Diener (PVL/ZH). "Ils auraient donc moins de temps pour faire leur travail.""En campagne permanente"L'élection par les Suisses apporterait la discorde au sein du Conseil fédéral, a ajouté la conseillère nationale Ruth Humbel (PDC/AG). "Comment des conseillers fédéraux en campagne permanente, donc en concurrence, pourraient-ils collaborer en bonne intelligence?" Les indiscrétions deviendraient monnaie courante, selon elle.Les régions linguistiques minoritaires seraient défavorisées par rapport au système actuel, a défendu de son côté le conseiller aux Etats Hans Stöckli (PS/BE). Le système de quotas que prévoit l'initiative de l'UDC met en concurrence Romands et Tessinois, a ajouté le conseiller national Fabio Abate (PLR/TI). "Nous n'avons pas besoin de cela en Suisse".Le peuple dira le 9 juin s'il veut élire lui-même le Conseil fédéral. Il serait partagé, selon les premiers sondages.Jusqu'ici, l'UDC n'a reçu que quelques soutiens isolés. L'alliance des opposants au texte réunit des représentants PLR, PS, PDC, Verts, PBD, Vert'libéraux, PEV et du parti pirate. /SERVICE


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