Le clivage gauche-droite entre Romands et Alémanique augmente

L'opposition gauche-droite entre conseillers nationaux francophones et alémaniques s'est accentuée depuis la dernière législature: sur plus de 900 votes analyés entre la session d'hiver 2013 et la session d'automne 2014, les élus romands votent davantage à gauche (PS ou Verts) que les Alémaniques.

C'est ce qui ressort de l'étude réalisée par le sociogéographe Michael Hermann pour les quotidiens "Le Temps" et la "Neue Zürcher Zeitung". Le politologue a évalué les élus sur une échelle allant de -10 (très à gauche) à +10 (très à droite). Résultat: la valeur médiane des conseillers nationaux romands se situe à -1,4, alors que celle des Alémaniques est de +0,5.

Le directeur de l’institut de recherche Sotomo à Zurich analyse chaque année les 200 élus du Conseil national en fonction de leurs votes. Après avoir étudié les différences entre les votes féminins et masculins en 2013, il a examiné cette année les divergences entre parlementaires en prenant pour critère la région linguistique.

Nidegger arrive 20e

Les socialistes Carlo Sommaruga (GE) et Susanne Leutenegger (BS) Oberholzer y occupent la position la plus à gauche (– 9,4). L’UDC schwyzois Pirmin Schwander se situe à l'autre extrémité de l'échiquier (+9,9).

Le deuxième rang est campé pour la première fois par le président de l’UDC Toni Brunner (9,6). Avec un score de +8, c'est le Genevois Yves Nidegger (UDC) qui est le Romand le plus à droite, mais il se hisse seulement à la 20e position. La droite dure est par conséquent uniquement dominée par des Alémaniques.

Comme le corps électoral

Cette polarisation n'est pas une surprise en soi. Elle reflète la composition du corps électoral qui conduit régulièrement à un fossé entre Alémaniques et Romands lors des votations, observe Michael Hermann.

Cette configuration n'est toutefois pas figée: en 2003, le "Röstigraben" était par exemple très marqué, alors que les différences entre Alémaniques et Romands étaient plus faibles durant la législature suivante (2007-2011). Depuis, l’écart s’est à nouveau élargi, constate l'expert.

/ATS


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