Le vaccin peut effrayer davantage que la maladie

Malgré les flambées récurrentes de rougeole, la plus récente sévissant cet été, et les campagnes des autorités sanitaires, de nombreux Suisses renoncent aux vaccins. La crainte des vaccinations obligatoires a d'ailleurs motivé les référendaires contre la révision de la loi sur les épidémies, sur laquelle les citoyens voteront le 22 septembre.

Dans certains cas, le vaccin est plus redouté que la maladie, explique Claudine Burton-Jeangros, sociologue de la santé et professeure associée à l'Université de Genève. Moins la maladie fait peur et moins on est convaincu de la nécessité de la vaccination.

Ainsi, beaucoup de parents renoncent à faire administrer à leur enfant le vaccin ROR (Rougeole - Oreillons - Rubéole), car ils se disent: "J'ai eu la rougeole, ou les oreillons, et je suis toujours là".

"La couverture vaccinale est nettement plus élevée pour les maladies comme le tétanos ou la diphtérie, que pour le ROR", confirme Daniel Koch, chef de la division Maladies transmissibles à l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).

Entre 3% et 5% des Suisses sont fondamentalement contre les vaccins, pour des raisons idéologiques ou philosophiques, précise M. Koch. Et 10% à 15% se posent des questions.

Autisme

La méfiance envers les vaccins s'est construite ces vingt dernières années, notamment autour de deux études qui ont fait grand bruit, La première, qui faisait le lien entre le vaccin ROR et l'autisme, continue de faire parler d'elle. La seconde reliait le vaccin contre l'hépatite B à la sclérose en plaques et a également été contredite depuis.

Un vaccin est administré à une personne en bonne santé, il ne s'agit pas de guérir une maladie, ajoute Claudine Burton-Jeangros. Et il faut le faire "avec l'idée en tête qu'il y a un risque que cela puisse être néfaste". Certains ne désirent pas prendre ce risque.

Les effets indésirables d'un vaccin peuvent aller de la fièvre aux convulsions, en passant par des éruptions cutanées, des vomissements voire des paralysies faciales, selon l'Institut suisse des produits thérapeutiques Swissmedic.

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