Les armes suisses pourront être exportées plus facilement

La Suisse pourra exporter plus facilement ses armes à l'étranger. Après le Conseil des Etats, le National a accepté de justesse de soutenir l'industrie de l'armement par 94 voix contre 93. La gauche et une partie du centre droit n'ont pas réussi à éviter un assouplissement de l'ordonnance sur le matériel de guerre.

"Cette révision est essentielle pour que l'industrie suisse puisse à nouveau se battre à armes égales avec nos voisins", a justifié Raymond Clottu (UDC/NE), au nom de la commission.

Les restrictions à l'exportation du matériel de guerre entraînent une baisse des contrats de l'industrie d'armement. Des licenciements ont été annoncés ces derniers mois. Face aux signes d'affaiblissement, il est donc important d'agir. Ne rien faire "ne ramènerait pas la paix dans le monde, mais signifierait une perte de savoir-faire en Suisse", a-t-il ajouté.

De justesse

La modification est passée de justesse, grâce à la voix du président de la Chambre du peuple, Ruedi Lustenberger (PDC/LU). La gauche et une partie du centre droit ont pourtant tenté, en vain, de renverser la vapeur, multipliant les arguments.

Pour eux, il ne s'agit pas d'un matériel d'exportation comme un autre: ici, les aspects éthiques doivent primer sur les intérêts économiques, notamment en ce moment, avec la guerre en Syrie et la crise en Ukraine.

Armes suisses à Maïdan

"L'annonce de l'utilisation de munitions suisses contre les manifestants sur la place Maïdan, à Kiev, montre l'acuité du problème", a relevé Pierre-Alain Fridez (PS/JU). En 2008, des mesures ont été prises pour que les armes ne soient plus exportées vers des pays qui violent les droits de l'homme, a-t-il rappelé. "C'est un véritable retour en arrière !"

Bombardé de questions par des députés opposés à tout assouplissement, le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann a tenu à être rassurant: "La Suisse a un système d'autorisation extrêmement prudent et les décisions sont prises au cas par cas s'il le faut", a-t-il dit.

Places de travail

"La protection des droits de l'homme reste très importante", a appuyé le ministre de l'économie. "La Suisse n'enverra pas d'armes dans des pays qui violent les droits de l'homme". Mais il s'agit aussi d'aider l'industrie d'armement suisse et de sauver des places de travail, a-t-il ajouté.

/ATS


Actualisé le

 

Actualités suivantes