Maurer plaide pour moins de "malaise dans le petit Etat"

Démocrates de la première heure, fédéralistes convaincus ou individualistes, les Suisses ont chacun une image différente de leur pays. Mais cette diversité de points de vue représente aussi l'un des fondements de la Suisse, selon le président de la Confédération Ueli Maurer qui a appelé lundi à moins "de malaise dans le petit Etat".

"Ce sont ces citoyens qui ne se laissent pas dicter la loi et veulent décider souverainement de leur sort qui façonnent la démocratie directe si caractéristique de notre pays", a déclaré le conseiller fédéral en ouverture de l'Europa Forum lundi soir à Lucerne.

Dès ses origines, la Suisse a fait de la liberté une préoccupation d'Etat. Avec le temps, cet idéal a donné naissance aux droits civiques actuels, a ajouté M. Maurer.

Malaise

Mais il existe également une image de la Suisse comme un petit Etat sans grandeur ni éclat, replié sur lui-même. "Ce 'malaise dans le petit Etat' représente aussi une partie de notre histoire", a relevé Ueli Maurer, faisant référence à l'ouvrage éponyme du professeur de littérature Karl Schmid.

Selon le président de la Confédération, ce malaise qui pousse certains Suisses à relayer des critiques venues de l'étranger, dont celle qui considère que dans les négociations notamment avec l'UE, le pays ne choisit que les éléments qui l'arrangent.

"Les entreprises suisses ont créé quelque trois millions d'emplois à l'étranger", a rétorqué Ueli Maurer. Et de mentionner encore le projet de nouvelles lignes ferroviaires à travers les Alpes (NLFA) qui se chiffre à 20 millions de francs et facilitera le trafic européen.

De son côté, l'ancien chancelier autrichien Woflgang Schüssel a suggéré aux Suisses de parler "de vos forces et renforcez-les encore".

Avertissement lancé sur 1:12

Il s'est dit préoccupé par le fait que les grandes banques et les grandes entreprises soient critiquées en Suisse. Elles sont d'importantes enseignes dont la Suisse profite, selon lui.

Il a aussi mis en garde contre les effets dans toute l'Europe d'une éventuelle acceptation de l'initiative 1:12. "Transmettre la responsabilité pour la répartition salariale au législateur" serait une erreur, a-t-il affirmé.

/ATS


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