Navi Pillay plaide pour des négociations sur la Syrie

La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Navi Pillay a mis en garde lundi à Genève contre une déflagration régionale provoquée par une éventuelle intervention militaire en Syrie. Elle a ouvert une session de trois semaines du Conseil des droits de l'homme.

Navi Pillay a affirmé que "l'utilisation des armes chimiques a longtemps été identifiée comme un des crimes les plus graves qui puissent être commis". "Leur utilisation en Syrie semble désormais faire peu de doute, même si les circonstances et les responsabilités doivent encore être clarifiées", a-t-elle dit.

"La communauté internationale a tardé, trop tardé à prendre des mesures sérieuses pour arrêter la spirale vers le bas qui s'est emparée de la Syrie, massacrant son peuple et détruisant ses villes", a accusé Navi Pillay.

"Ce n'est plus le moment pour les Etats puissants de continuer à être en désaccord sur la voie à suivre, ou pour des intérêts géopolitiques de l'emporter sur les obligations légales et morales à sauver des vies en mettant fin à ce conflit", a ajouté la Haut Commissaire, dans une allusion au blocage du Conseil de sécurité de l'ONU.

La situation tragique en Syrie requiert avec force une action internationale, a-t-elle affirmé, tout en avertissant: "une réponse militaire ou la poursuite des livraisons d'armes risque d'engendrer une déflagration régionale, provoquant vraisemblablement beaucoup plus de morts et davantage de misère".

Pour une négociation immédiate

"Il n'y a pas de sortie facile de ce cauchemar, excepté la négociation immédiate d'étapes concrètes pour mettre un terme à ce conflit", a relevé Mme Pillay. Et de conclure: "Les Etats, ensemble avec l'ONU, doivent trouver un moyen d'amener les belligérants à la table des négociations et d'arrêter le bain de sang".

La Haut-Commissaire a aussi dénoncé les violences en Egypte. Elle a demandé une enquête indépendante et transparente sur toutes les victimes ainsi que le rétablissement de l'état de droit.

Le Conseil des droits de l'homme doit discuter dans une semaine d'un nouveau rapport de la commission d'enquête documentant les crimes de guerre et crimes contre l'humanité en Syrie, plus de deux ans après sa création.

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