Neuchâtel: 56 interpellations dans une opération anti-drogue

L'opération spéciale neuchâteloise menée en mai contre le trafic de cocaïne dans la rue a permis d'interpeller 56 personnes. C'était la première action de cette ampleur dans le canton depuis une dizaine d'années.

La police et le Ministère public ont tiré mercredi devant la presse un bilan positif de cette action intitulée "Promess" et ont souligné que ce n'était pas un "coup" unique. Même s'il est impossible d'y affecter de façon constante des ressources de cette ampleur, d'autres opérations seront menées ponctuellement.

Les délinquants ont été condamnés par des ordonnances pénales, en majorité à des peines de prison ferme de un à six mois. Cinq récidivistes sont en détention provisoire. Une cinquantaine d'autres individus mis en cause sont recherchés.

Cocaïne, argent et téléphones portables

Sur le plan matériel, 147 grammes de cocaïne et près de 12'000 francs ont été saisis. Une centaine de téléphones portables ont été séquestrés, les trafiquants possédant parfois plusieurs appareils pour brouiller les pistes.

La police a extrait des effectifs de leurs tâches quotidiennes pour les affecter à cette mission, qui a "coûté" quelque 2000 heures de travail sur un mois. Des équipes de 10 à 15 personnes opéraient sur le terrain surtout les jeudis, vendredis et samedis soirs à La Chaux-de-Fonds et à Neuchâtel mais aussi dans d'autres lieux ciblés.

L'opération a perturbé le trafic en compliquant la vie de la centaine de vendeurs sévissant dans le canton ce printemps. Mis sous pression, ils devaient utiliser davantage de guetteurs, ce qui pesait sur leur organisation et sur leurs marges.

Il s'agissait aussi de les empêcher d'aborder les gens vers les établissements publics, a dit Pascal Luthi, commandant de la police neuchâteloise.

Originaires d'Afrique de l'Ouest

Le procureur a détaillé le profil des délinquants interpellés: 23 ont un permis de requérant d'asile valable, tandis que 33 sont en situation illégale. Une large majorité viennent d'Afrique de l'Ouest et environ la moitié sont Nigérians.

Les requérants concernés logent surtout dans les centres neuchâtelois, à part quelques-uns du Jura ou du Jura bernois et, plus minoritairement, des cantons de Vaud et de Fribourg.

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