Père infanticide à Porrentruy, prison à perpétuité confirmée

L'homme qui a assassiné son fils de six ans en 2008 à Porrentruy (JU) a été condamné jeudi à la réclusion à vie. Appelée à rejuger cette affaire qui avait ému toute la Suisse, la Cour pénale du Tribunal cantonal jurassien a maintenu la peine prononcée en 2012.

Le drame s'était déroulé le 20 juin 2008. L'homme, qui harcelait et menaçait depuis des mois son ex-compagne qui l'avait quitté, s'était introduit chez elle à Porrentruy et l'avait violée. La victime avait ensuite réussi à prendre la fuite. L'accusé, constatant que la situation lui échappait, avait égorgé son fils avec un cutter.

"La peine privative de liberté à vie sanctionne de manière appropriée la culpabilité très lourde du prévenu", a déclaré le président de la Cour pénale Gérald Schaller. L'accusé, qui avait fait recours contre la mesure de la peine prononcée par la Cour criminelle, n'a pas manifesté d'émotion apparente à l'énoncé du verdict.

Comportement pervers

"Le modus operandi qui consiste à trancher la gorge avec un cutter témoigne d'une sauvagerie insupportable", a ajouté le président qui a dénoncé l'absence de scrupules de l'accusé. Pour la Cour pénale, la victime a été instrumentalisée par son père jusque dans la mort pour faire souffrir son ex-compagne.

Pour les trois juges de la Cour pénale jurassienne, le mobile de cet ouvrier portugais d'une cinquantaine d'années était de reprendre le pouvoir et de faire souffrir son ex-compagne en la privant de son fils. "C'est un comportement particulièrement pervers", a estimé Gérald Schaller en évoquant un acte horrible.

Mobiles futiles

La Cour a qualifié de futiles les mobiles de l'accusé qui a, selon elle, planifié le déroulement de son acte. "Le lien familial avec cet enfant de six ans, étranger aux différends opposant ses parents, aurait dû retenir l'accusé de commettre cet acte", a relevé le président.

L'accusé a toujours nié toute volonté de vengeance à l'égard de son ancienne compagne qui l'avait quitté. Il avait affirmé avoir agi par désespoir.

/ATS


Actualisé le

 

Actualités suivantes