Procès Uli Hoeness: un témoin-clé charge le patron du Bayern Munich

Une enquêtrice du fisc allemand a accusé mardi Uli Hoeness d'avoir retardé la communication de documents importants aux services fiscaux pour cacher l'ampleur de la fraude présumée pour laquelle il est jugé. Le patron du Bayern Munich aurait conservé durant plus d'un an ces documents compromettants.

La défense d'Uli Hoeness avait créé la surprise lors de la première journée du procès, lundi, en indiquant avoir transmis récemment des documents au fisc prouvant que l'accusé avait omis de payer 18,5 millions d'euros d'impôts, et non 3,5 millions d'euros comme le lui reprochait le parquet de Munich.

Si ces documents ont bien été copiés le 24 février (2014, ndlr) sur le support informatique remis au fisc, "les documents PDF d'origine ont été créés dès le 18 janvier 2013 (...) c'est ce que notre spécialiste informatique a constaté", a déclaré l'agente de l'administration fiscale de Rosenheim, en Bavière.

Ce témoignage est un nouveau coup dur pour le président du club de football le plus titré d'Allemagne. Le prévenu doit convaincre le tribunal de la sincérité et de l'exhaustivité de son auto-dénonciation s'il veut éviter une peine de prison.

Comptes en Suisse

Hoeness était au départ jugé pour avoir caché 33,5 millions d'euros de gains financiers réalisés entre 2003 et 2009 par le biais de deux comptes en Suisse dont il avait caché l'existence au fisc allemand. Le manque à gagner fiscal était alors estimé à 3,5 millions d'euros, une somme multipliée par cinq avec les aveux de lundi.

"J'ai fait de l'évasion fiscale (...) Je regrette profondément mon comportement délictueux", avait admis Uli Hoeness lundi, peu après l'ouverture du procès ajoutant vouloir tirer au clair "ce chapitre affligeant" de sa vie.

Peine de prison?

Le manager du Bayern avait finalement entamé une procédure pour régulariser sa situation au début de l'année dernière, espérant ainsi échapper à des poursuites pénales. Si le tribunal estime que son auto-dénonciation n'était pas sincère, Ueli Hoeness risque dix ans de détention.

Les tribunaux allemands prononcent habituellement des peines de prison fermes pour les fraudes dépassant le million d'euros, et le juge qui préside le procès est connu pour se montrer impitoyable. Le procès est censé se terminer jeudi.

/ATS


Actualisé le

 

Actualités suivantes