Seuls 1% des jeunes exercent un métier atypique en matière de genre

La ségrégation de genre professionnelle est très répandue en Suisse, et seul 1% des jeunes exercent un métier ne correspondant pas typiquement à leur genre. Or ces jeunes possèdent souvent des compétences scolaires supérieures à la moyenne et ont plus d'assurance, affirme une étude.

La ségrégation de genre dans le contexte professionnel est plus importante en Suisse que dans les autres pays européens. Les femmes occupent en majorité des emplois typiquement féminins et les hommes des professions typiquement masculines, a indiqué mardi le Fonds national suisse (FNS), qui a soutenu l'étude de l'université de Bâle.

Cette situation est problématique, notamment parce que les métiers typiquement féminins comme les tâches de soins ou l'éducation des enfants jouissent d'un statut social inférieur, offrent peu de chances de carrière et sont faiblement rémunérés. En outre, des secteurs d'activité fortement sexués souffrant d'une pénurie de main-d'oeuvre qualifiée profiteraient d'une ségrégation moins marquée.

Pas un problème de génération

Selon les conclusions de l'étude, les formations et activités professionnelles atypiques en matière de genre demeurent rares chez les jeunes et les jeunes adultes d'aujourd'hui. Il ne s'agit donc pas d'un problème de génération qui se résoudra de lui-même.

Sur les 6000 sondés, seuls 22 femmes et 20 hommes souhaitaient exercer un métier atypique à 16 ans et pratiquent un tel métier dix ans plus tard. Cela représente moins de 1%.

Formations et familles

Plusieurs raisons sont évoquées. Dans le système de formation suisse, les jeunes doivent choisir une profession dès l'âge de 15 ans, soit plus tôt que dans les autres pays. A cet âge, la plupart s'orientent vers des stéréotypes masculins ou féminins et ils ne quittent presque jamais la voie dans laquelle ils se sont engagés, car le système rend les changements difficiles.

Les projets familiaux incitent, eux aussi, à un choix traditionnel: les jeunes femmes qui souhaitent avoir un enfant choisissent souvent des professions typiquement féminines, qui leur permettent des congés parentaux et un travail à temps partiel. A l'inverse, les hommes voulant un enfant optent plutôt pour une profession bien rémunérée offrant des possibilités de carrière.

/SERVICE


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