Suisse-UE: l'€™aspect politique doit être résolu pour la recherche

Patrick Aebischer se retrouve au coeur de la tourmente après le vote du 9 février sur l'immigration. Le président de l'EPFL dit attendre "du courage et de l'€™imagination pour trouver une solution pour la Croatie", la seule qui, selon lui, pourrait débloquer le dossier de la recherche et de la formation.

"L'EPFL essaie de s'engager, d'activer ses réseaux, d'informer nos collègues européens pour qu'ils informent à leur tour leurs politiciens", affirme Patrick Aebischer dans une interview au "Matin Dimanche". Toutefois, "c'est l'élément politique qui doit être résolu en urgence", assure-t-il.

Il y a une semaine, Simonetta Sommaruga a mis le holà à l'extension de l'accord de libre circulation à la Croatie, arguant que la Suisse n'était plus en mesure de signer cet accord. Le président de l'EPFL parle de "précipitation problématique" de la Suisse.

"Les ordres de nous exclure d'Erasmus+ et d'Horizon 2020 viennent des sphères politiques et non scientifiques", relève-t-il. Les autorités helvétiques doivent donc trouver un moyen de résoudre les différends sur le dossier croate afin de débloquer la crise impliquant la recherche et la formation.

Des centaines de millions de francs

M. Aebischer rejette les solutions autres que politiques pour la recherche et la formation. Financer directement les laboratoires suisses au lieu de cotiser pour l'UE ne marchera pas: le monde scientifique suisse étant très compétitif, "nous arrivions à amener plus d'argent que nous n'en mettions", explique-t-il.

Dans un tel cas de figure, il faudrait "que le Parlement mette plus d'argent" - des centaines de millions - et même ainsi, "il faudra encore attirer les meilleurs".

"Si je résume, l'Europe a mis en place des instruments de recherche performants qui n'existaient pas en 2004 et elle va continuer à le faire", poursuit le président de l'EPFL. "L'Europe a investi 50 milliards dans les sept dernières années, elle en met 80 pour 2014 à 2020. La compétitivité des pays sera donc très liée à ces fonds et la Suisse risque de ne pas en faire partie", déplore-t-il.

/ATS


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