Suisse: le procureur général enquête sur quatre jihadistes présumés

Le procureur général de la Confédération Michael Lauber se dit préoccupé par les jihadistes suisses combattant en Irak et en Syrie aux côtés d'organisations comme l'Etat islamique (EI). Quatre personnes ayant voyagé en Syrie font l'objet d'une enquête.

"Dans ces cas, nous cherchons à vérifier des soupçons de soutien à une organisation criminelle et de financement d'un groupe terroriste", a déclaré Michael Lauber dans un entretien publié par "Le Matin Dimanche" et la "SonntagsZeitung". Il n'a pas voulu spéculer sur les chances de succès de cette procédure.

La question des jihadistes suisses l'inquiète, dit-il. Le Ministère public de la Confédération est "très vigilant", en association avec les autorités chargées des migrations, le service de renseignement et la police. Dans chaque cas, il faut déterminer le danger potentiel de la personne concernée.

Selon M. Lauber, les autorités ne tiennent aucune liste noire des jihadistes qui permettrait aux services de migration de réagir lors de l'entrée d'une personne sur le territoire.

Mains liées

Le procureur général ne pourrait empêcher quelqu'un de partir que s'il peut être prouvé que cette personne "soutient une organisation terroriste, financièrement ou d'une autre façon". Et même dans ce cas, "elle ne reste pas longtemps en prison", a dit M. Lauber.

Par ailleurs, il a réitéré sa satisfaction de la décision du Tribunal pénal fédéral (TPF), prise en mai. Le TPF avait alors condamné deux frères kurdes pour propagande terroriste. L'acte d'accusation émanait de la procureure fédérale Maria Schnebli.

Voyageurs du jihad

Le TPF les avait reconnus coupables de soutien à une organisation criminelle. Ils avaient géré des forums de discussions sur Internet en lien avec une organisation salafiste-jihadiste proche d'Al-Qaïda. Les deux frères, originaires d'Irak, avaient obtenu l'asilel à Bâle.

En Suisse, le phénomène des voyageurs du jihad concerne une quarantaine de personnes parties de Suisse, ou qui en ont eu l'intention, selon des données récoltées sur un an, jusqu'en mai 2014, par le Service de renseignement de la Confédération. Les motifs du voyage sont divers, de l'appui au combat aux buts humanitaires.

/ATS


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