Ueli Maurer pour une enquête sur l'espion américain à Genève

Le conseiller fédéral Ueli Maurer plaide dans la presse de dimanche pour l'ouverture d'une enquête pénale contre l'espion américain qui a opéré à Genève si des "indices concrets" peuvent être attestés. Il dit ne pas être surpris que les Etats-Unis ont espionné la place bancaire suisse.

"Nous savons depuis longtemps que les activités des services de renseignement étrangers ont augmenté en Suisse", a déclaré le ministre de la défense dans une interview à la "NZZ am Sonntag". "Genève, avec ses nombreuses organisations internationales, est un biotope privilégié", précise-t-il dans "Le Matin Dimanche".

"Dans ce cas particulier cependant, beaucoup de déclarations ne sont pas encore très claires. Nous verrons ce qui en restera en fin de compte", estime le président de la Confédération. La probabilité que l'incident se soit déroulé comme l'a décrit Edward Snowden, à l'origine des fuites sur les programmes de surveillance américain, est plutôt faible, ajoute-t-il dans la "Schweiz am Sonntag".

M. Snowden a expliqué comment les agents de la CIA ont recruté un banquier suisse à Genève en le piégeant après l'avoir saoulé, afin de soutirer des informations bancaires secrètes.

Pas d'asile suisse pour Snowden

"S'il y a des indices concrets attestant les faits qui ont été décrits", le Conseil fédéral autorisera l'ouverture d'une enquête du Ministère public de la Confédération (MPC), ajoute M. Maurer dans "Le Matin Dimanche". Le cas est susceptible d'être "quelque peu embarrassant" pour les Etats-Unis, mais Washington devra prendre position face à la demande de la Suisse.

Pour Ueli Maurer, il n'est pas question d'accorder l'asile politique à M. Snowden, comme le demandent plusieurs politiciens UDC. "L'homme a enfreint les lois de son pays. Nous ne devons pas lui donner l'asile", estime le ministre de la Défense.

"Nous demandons aussi que les voleurs de données et vendeurs de CD opérant en Suisse soient punis. Ce serait un autogoal si nous récompensions un tel comportement en offrant l'asile", affirme le conseiller fédéral UDC.

Plus de pouvoir pour le renseignement

Le comportement des États-Unis n'est pas conforme avec les pratiques entre pays amis, estime en outre M. Maurer. "Des pays amis devraient respecter leur droit mutuel et les processus politiques. Ce que font les Américains avec leurs délais et menaces est un acte très hostile".

La Suisse ne peut pas se défendre contre des attaques d'espionnage, a encore déclaré le ministre de la défense. "Actuellement, nous n'en avons pas la possibilité parce que nous manquons de base juridique pour de tels cas. C'est pourquoi, le Conseil fédéral propose dans la nouvelle loi sur les services de renseignement que notre service puisse être utilisé à l'avenir pour protéger la place financière".

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