Un homme assassine son épouse: "c'était un ange"

Un homme de 47 ans comparaît depuis mardi devant la justice fribourgeoise pour l'assassinat de son épouse en avril 2010. Le procès se poursuivra mercredi et le verdict est attendu la semaine prochaine.

Cet homme a entravé son épouse et lui a infligé quinze coups de couteau dans le dos et la nuque, selon l'acte d'accusation. Il l'a aussi frappée avec la crosse d'un pistolet "soft-air" et lui a tiré des billes en plastique au visage avant de lui trancher la gorge.

Le prévenu s'est présenté devant le Tribunal pénal de la Sarine avec une attitude calme, humble et réfléchie. Il s'est décrit comme une personne débrouille, honnête et souriante avant le drame. Un homme faisant preuve de sang-froid, quoique pouvant perdre parfois son calme sous l'influence de l'alcool.

"Moins de temps aux enfants"

Son récit dépeint un mari qui a vu son couple sombrer et qui cherchait à comprendre pourquoi. Il a souvent voulu reformuler ou rectifier certaines déclarations qu'il avait faites lors de la procédure au sujet de sa compagne.

Les époux sont arrivés de Tunisie en Suisse en 1999 et ont eu deux filles aujourd'hui adolescentes. Leur relation s'est détériorée à partir de 2007. Lui a perdu son travail, elle en a trouvé un par la suite. Il dit s'être soucié du fait qu'elle consacrait moins de temps aux enfants.

"Je devais l'encadrer"

Le prévenu se montrait aussi soupçonneux quant à ses fréquentations. Il a raconté sa crainte de la voir influencée par des femmes "rebelles ou qui ont le sexe pour métier". Troublé quand le président de la cour a demandé s'il redoutait qu'elle soit entraînée dans la prostitution, il s'est refusé à approuver l'emploi de ce mot, essuyant ses yeux derrière ses lunettes.

"C'était un ange. Une fleur très fragile. C'est pour cela que je n'avais pas une confiance totale et que je devais l'encadrer", a-t-il dit. Était-il jaloux ? "Je dirais plutôt sentimental. Chez nous, s'il n'y a pas un peu de jalousie envers une compagne, cela veut dire qu'on ne l'aime pas."

L'acte d'accusation mentionne aussi qu'un jour en début de la même année, il aurait contraint son épouse à un acte sexuel lors duquel il l'aurait traitée de façon violente et dégradante.

/ATS


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