Un médecin neuchâtelois condamné à une amende symbolique

Un médecin neuchâtelois a été condamné lundi dans une affaire d'euthanasie. Il avait prescrit une substance létale à un patient sans avoir vérifié la gravité de son état de santé par des analyses suffisantes. La défense va faire appel.

La peine, une amende de 500 francs, tient compte du fait qu'il a manifestement agi avec un mobile honorable, a indiqué lundi à Boudry la juge du Tribunal de police du Littoral et du Val-de-Travers. Le procureur dit avoir requis une amende symbolique car il s'agit de fixer une ligne blanche et non de s'acharner sur le prévenu.

Le médecin était au chevet d'un homme de 89 ans qui avait tenté de se suicider, ne supportant plus sa maladie. Il a fait état du "vraisemblable développement d'une maladie tumorale anorectale" en se basant uniquement sur une anamnèse - symptômes et antécédents du patient - car celui-ci refusait tout examen.

Le médecin a parlé d'Exit à cet homme qui comptait tenter à nouveau de se suicider. Ce dernier a signé le 4 février 2011 une déclaration demandant l'assistance de cette association pour mettre fin à ses jours. Le 11 février, le médecin a prescrit 15 grammes de substance létale au patient, qui l'a avalée le lendemain et est décédé.

Diagnostic incomplet

Dans ce cas, le patient, avec une capacité de discernement intacte, était déterminé à mettre fin à ses jours. Mais le médecin a enfreint la loi selon laquelle un médicament ne doit être prescrit que si l'état du patient est connu. Il a rédigé l'ordonnance alors qu'il n'avait qu'un aperçu de sa situation de santé.

L'octogénaire souffrait de symptômes caractéristiques de la maladie évoquée mais pouvant aussi provenir d'une inflammation ou d'un polype. Des investigations supplémentaires étaient donc nécessaires, a expliqué la juge. Une coloscopie aurait certes été une méthode invasive, mais un examen non invasif par le toucher aurait pu être fait à domicile, ou une seconde anamnèse par un autre médecin.

L'âge du patient ne dispense pas de faire ces examens. Et la rapidité avec laquelle tout s'est déroulé laisse songeur, a dit la juge.

/SERVICE


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