Une vaste étude révèle des résidus d'herbicides dans les urines

Une récente étude mandatée par Pro Natura et Friends of the Earth a trouvé des traces de l'€™herbicide total "glyphosate" dans l'urine de presque la moitié des 182 personnes examinées dans 18 pays européens, dont la Suisse. Pour l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), il n'y a toutefois pas de danger.

"On ignore si le glyphosate arrive dans le corps humain par l'eau de boisson ou la nourriture", les autorités doivent éclaircir ce point, a déclaré à l'ats un expert agricole de Pro Natura, Marcel Liner.

Sur les 182 échantillons d'urine récoltés ce printemps auprès de résidents de zones urbaines, 80 intégraient des résidus "significatifs" de glyphosate, soit 44 %, indique l'ONG de défense de l'environnement.

En Suisse, deux échantillons sur les 15 examinés intégraient des résidus. Le pourcentage le plus fort (90 % des échantillons positifs) a été établi à Malte. Aux Pays-Bas, en République tchèque, Belgique, Lettonie et à Chypre, plus de 50 % des échantillons étaient positifs.

Peu d'études indépendantes

Le glyphosate est un des herbicides les plus répandus dans le monde. Trois cent tonnes seraient utilisées chaque année en Suisse. En tant qu'herbicide "total", cette substance active tue toutes les plantes sauf celles devenues résistantes.

Alors que le glyphosate est homologué depuis 1975, très peu d'études indépendantes existent sur ses possibles nuisances à long terme pour la santé humaine et la nature. Son homologation se base presque uniquement sur les données des fabricants eux-mêmes. Il n'y a pas non plus de contrôle sur les aliments, affirme Pro Natura.

Inoffensif

L'OFSP se veut rassurante. Selon des expériences menées sur les animaux, 90 % du glyphosate ingéré est éliminé par le corps dans les 24 heures, affirme l'office. Pour l'OFSP, l'étude publiée par Pro Natura ne justifie pas de nouvelle évaluation des risques du glyphosate pour la santé humaine.

Même appréciation du côté de scienceindustries, l'Association des industries Chimie Pharma Biotech, pour qui les doses trouvées par l'étude sont bien en-deçà de la dose journalière considérée comme inoffensive par l'Union européenne.

/SERVICE


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