Victoire d'étape pour le deuxième tunnel routier du Gothard

Le deuxième tunnel routier du Gothard a remporté une victoire d'étape importante. Après le Conseil des Etats, le National a accepté mercredi la construction de cette nouvelle galerie par 109 voix contre 74. Mais le peuple aura selon toute vraisemblance le dernier mot puisque le référendum est agendé.

"Personne ne conteste la nécessité d'assainir l'actuel tunnel, vieux de 30 ans", a déclaré la conseillère fédérale Doris Leuthard. Mais la question qui divise est à quel coût: 2,8 ou 1,7 milliard?

"La construction d'une deuxième galerie est certes plus chère que d'autres variantes, comme l'aménagement du ferroutage, mais elle a son utilité à long terme, lorsque la réfection de cet ouvrage redeviendra nécessaire dans 30 ou 40 ans, a-t-elle soutenu.

Ne pas isoler le Tessin

Seule cette construction permettra de ne pas fermer l'axe Nord-Sud, qui relie le Tessin au reste de la Suisse durant l'assainissement de l’actuel tunnel du Gothard, a indiqué Fabio Regazzi (PDC/TI) au nom de la commission.

Les députés de droite ont assuré que la nouvelle galerie ne serait ouverte que sur une voie unidirectionnelle pour ne pas augmenter la capacité des axes de transit routier alpin, conformément à l'article constitutionnel sur les Alpes.

La fermeture du tronçon durerait en outre trois ans, la durée des travaux nécessaires pour l'assainissement du vieux tunnel. "Ce serait une insulte pour nos concitoyens tessinois de les laisser isolés", a déclaré Max Binder (UDC/ZH).

Tentation irrésistible

La gauche et les Vert'Libéraux se sont battus en vain contre cet ouvrage. Leurs quatre propositions de renvoi au Conseil fédéral ont toutes été balayées par chaque fois plus de 110 voix contre environ 70.

Selon Regula Rytz (Verts/BE), c'est croire au Père Noël que de prendre au sérieux les promesses de ne pas augmenter la capacité globale. "Juste après le premier embouteillage de Pâques, cette limitation sautera", a renchéri Edith Graf-Litscher (PS/TG).

Cette révision de la loi sur le transit routier dans la région alpine sera soumise à coup sûr à la votation populaire. Et l'issue du scrutin n’est pas garantie: en 2004, le peuple avait rejeté par 63% le contre-projet à l’initiative Avanti qui autorisait la construction d’un deuxième tunnel sous le massif alpin.

/ATS


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