Votations: des politologues doutent de l'abstention des jeunes

Des politologues mettent en doute la prétendue forte abstention de la jeune génération lors de la votation sur l'initiative anti-immigration de l'UDC. Claude Longchamp, qui a calculé les résultats de l'analyse VOX, reconnaît une possible incertitude des valeurs.

Seuls 17% des citoyens suisses de moins de 30 ans ont participé au scrutin du 9 février, affirme l'analyse VOX, publiée le 3 avril. Médias et politiciens se sont emparés du sujet ces derniers jours.

Plusieurs politologues ont démontré que le nombre ressorti de l'enquête est beaucoup trop bas. Marco Steenbergen et Kushtrim Veseli de l'université de Zurich, dans la "NZZ am Sonntag", ainsi que Pascal Sciarini de l'université de Genève, dans "Le Temps" et la "Berner Zeitung", estiment que davantage de jeunes ont voté.

Les chercheurs fondent leurs affirmations sur les évaluations des données des votes réels dans quelques cantons et villes. Ils arrivent à un taux de participation des jeunes de 40%. Ces données proviennent toutefois de régions urbaines: Genève, Neuchâtel et Saint-Gall.

"Les fameux 17% de participation"

Claude Longchamp, dont l'institut de recherche gfs. bern a conduit l'enquête, est également sous le feu des critiques. "Il est possible que les valeurs réelles de la participation soient plus élevées que ce qui est ressorti de l'analyse VOX, je ne le nie pas", a reconnu M. Longchamp dans une interview publiée lundi dans les journaux "Tages-Anzeiger" et "Der Bund".

M. Longchamp donne un aperçu de sa méthode de calcul. "Dans les sondages, la participation aux votations ne peut jamais être déduite directement." Les enquêtes donnent en effet des chiffres de participation trop élevés, ceux-ci doivent donc ensuite être pondérés. "D'où les fameux 17% de participation chez les jeunes."

D'après Pascal Sciarini, coauteur de l'analyse VOX, 30% des jeunes sondés ont indiqué avoir pris part aux votations. Le nombre a été revu à la baisse, comme toujours lors des analyses VOX, car on part du principe que des gens ont déclaré à tort avoir voté. De plus, les personnes ayant voté ont plus tendance à prendre part aux sondages.

Statistique nationale

"Si nous pouvions trouver une meilleure façon de pondérer, nous le ferions", a affirmé M. Longcahmp. Difficile cependant de trouver une meilleure solution, selon lui. Sélectionner des numéros de téléphones portables et plus seulement des numéros fixes lors de l'enquête amènerait d'autres problèmes.

Une solution consisterait à créer une statistique nationale, selon M. Longchamp.

/ATS


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