Consternation et émotion en Suisse après la tuerie à Charlie Hebdo

La fusillade survenue dans les locaux du journal satirique "Charlie Hebdo" à Paris suscite la consternation en Suisse aussi. Au nom du Conseil fédéral, Simonetta Sommaruga a envoyé ses condoléances à la France. Selon la présidente de la Confédération, cette attaque contre la liberté d'expression montre qu'il faut se battre.

Un avis partagé par Thierry Barrigue. Pour le directeur de "Vigousse", ce ne sont pas les dessinateurs ou les journaux satiriques qui sont en péril: "Nos libertés fondamentales sont menacées. Ces gens-là sont morts pour que l'on puisse s'exprimer librement. Pour que nous puissions parler haut et fort. Sans ça, il n'y a pas de démocratie possible".

Cette tuerie ne change donc rien pour Vigousse. "Nous continuons avec notre ton. Nous n'avons jamais reçu de menaces et pas demandé de protection policière. Les tueurs espèrent que l'on s'arrête, mais on ne peut pas leur donner ça. Ce serait trahir la mémoire de ceux qui sont morts", a conclu Thierry Barrigue, extrêmement affecté.

Une "une" noire

En réaction à la fusillade, le journal a modifié sa couverture de l'édition à paraître jeudi: la Une est une page noire, meurtrie par la blessure rouge infligée par une balle.

La Maison du dessin de presse à Morges (VD) est aussi sous le choc. Un hommage sera rendu prochainement aux quatre dessinateurs décédés mercredi, a annoncé la conservatrice Charlotte Contesse, "complètement bouleversée".

Un acte "lâche"

De leur côté, les éditeurs de journaux romands, regroupés au sein de Médias Suisses, parlent d'une "journée noire" pour la liberté de la presse et pour le rayonnement de la France. "S'en prendre à un journal est particulièrement lâche", a réagi peu après la fusillade Daniel Hammer, secrétaire général de l'organisation.

"Toucher à 'Charlie Hebdo' a une portée particulière". "C'est un mauvais signal donné à une valeur aussi centrale que la liberté de la presse, qui plus est en France".

Hanspeter Lebrument, le président de l'association des éditeurs alémaniques Schweizer Medien, affirme pour sa part qu'"on ne peut pas rester les bras croisés après une attaque pareille". Il discerne de nouveaux défis pour les médias.

/ATS


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