Dégel des relations entre les 2e et 3e économies mondiales

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe et le président chinois Xi Jinping ont tenu lundi à Pékin leur premier sommet bilatéral, en marge du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC). Cette rencontre, qui a duré une demi-heure, illustre un dégel des relations entre les deux pays après plusieurs années d'animosité.

Les relations entre les 2e et 3e économies mondiales sont tendues, en raison d'un différend territorial et de fortes dissensions sur l'Histoire. En échangeant une froide poignée de main devant les caméras, les dirigeants ont affiché un visage grave, sans franc sourire.

Shinzo Abe a dit espérer que cette rencontre, une première depuis décembre 2011, marque le début d'un "retour à une relation mutuellement bénéfique basée sur des intérêts stratégiques communs".

"La Chine souhaite que le Japon poursuive sur la voie du développement pacifique" et "adopte des politiques militaire et sécuritaire prudentes", a déclaré pour sa part Xi Jinping, cité par l'agence Chine nouvelle.

Iles Senkaku ou Diaoyu

Arrivés au pouvoir à peu près au même moment fin 2012 et début 2013, Shinzo Abe et Xi Jinping n'avaient jamais tenu de sommet bilatéral. M. Abe a proposé un mécanisme de communication maritime, afin d'éviter un incident relatif à des îles dont les pays se disputent la souveraineté.

La nationalisation par Tokyo, à l'automne 2012, de trois des îles Senkaku en mer de Chine orientale avait provoqué un regain de tensions. Ces territoires sont depuis longtemps administrés par le Japon mais revendiqués par Pékin sous l'appellation Diaoyu.

Travail de mémoire

Selon Chine nouvelle, M. Abe a assuré que le Japon souhaitait poursuivre dans la voie de son développement pacifique, mais qu'il n'entendait pas changer de position sur la question de ses responsabilités liées à l'Histoire du XXe siècle.

Tokyo estime avoir assumé ses responsabilités historiques pour son rôle notamment durant la Deuxième Guerre mondiale, mais Pékin l'accuse d'admettre seulement une responsabilité partielle dans les atrocités commises par son armée impériale et de refuser un travail de mémoire nécessaire, comme l'a fait l'Allemagne en Europe.

Les relations du Japon avec ses voisins sont marquées par le souvenir des crimes commis par les troupes impériales lors de l'occupation partielle de la Chine (1931-1945) et la colonisation de la péninsule coréenne (1910-1945).

Les visites de parlementaires et ministres japonais au sanctuaire Yasukuni de Tokyo, lieu de culte honni par Pékin et Séoul comme symbole du passé militariste nippon, jettent régulièrement de l'huile sur le feu.

/ATS


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