Démission du gouverneur de la Banque centrale argentine

Le gouverneur de la Banque centrale de la République argentine (BCRA), Juan Carlos Fabrega, a démissionné mercredi. La troisième économie d'Amérique latine traverse une période de turbulences financières et économiques.

Cette démission intervient au lendemain d'un discours critique de la présidente de centre-gauche Cristina Kirchner, au cours duquel elle s'était interrogée sur des fuites provenant de la BCRA. Mardi soir, Mme Kirchner a dénoncé un complot contre son pays orchestré par des milieux d'affaires aux Etats-Unis et en Argentine.

Juan Carlos Fabrega aura tenu moins d'une année à ce poste très exposé. L'Argentine est en délicatesse avec ses réserves de devises. Après avoir disposé de plus de 50 milliards de dollars en 2011, la BCRA n'en compte plus que 28 milliards, et Buenos Aires est confrontée aux fonds "vautours", litige qui va l'obliger à puiser encore dans ses réserves.

M. Fabrega était aux manettes lors de la brusque dévaluation en janvier 2014, quand le peso s'est déprécié de 18% en deux jours, face au dollar.

Expert jouissant du respect des marchés, il est remplacé par un fidèle de Mme Kirchner, Alejandro Vanoli, jusqu'ici directeur de la Commission nationale des valeurs (CNV), le gendarme de la bourse argentine.

L'inflation à 30%

L'économie du pays est actuellement fragilisée par une inflation qui devrait dépasser 30% en 2014, une activité industrielle en baisse, la baisse des cours du soja, et un contentieux sur la dette avec des fonds spéculatifs que Buenos Aires espère solder début 2015.

Outre les accusations récurrentes contre les fonds spéculatifs, la présidente, dont le second mandat de quatre ans expire fin 2015, a accusé des milieux d'affaires argentins de tenter de déstabiliser son gouvernement en spéculant sur la monnaie.

Le taux de change du dollar au marché noir a récemment flambé: le billet vert s'échange contre 8,5 pesos au taux officiel et atteint près de 16 pesos dans le circuit informel.

/ATS


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