Dépôt de l'initiative populaire "En faveur du service public"

Le peuple suisse votera certainement pour dire s'il accepte que les entreprises de la Confédération soient contraintes de faire primer un service abordable et de qualité pour le public sur la réalisation de bénéfices. L'initiative populaire des magazines de défense des consommateurs a été déposée jeudi à Berne, munie de 106'000 signatures validées par les communes.

"Nous avons ensuite arrêté de les faire compter pour des raisons de coûts", a précisé Peter Salvisberg, directeur marketing du journal alémanique "K-Tipp", lors de la remise des signatures devant la Chancellerie fédérale. Cette dernière doit désormais ratifier les paraphes. Selon les initiants, quelque 120'000 personnes auraient signé, dont un tiers de Romands.

Les journaux "Bon à savoir", "K-Tipp", "Saldo" et "Spendere Meglio" sont à l'origine du texte "En faveur du service public", lancé en mars 2012. C'est la première fois que ces publications, déjà à l'origine de plusieurs pétitions, déposent une initiative populaire.

"Cela fait longtemps que les consommateurs nous envoient de nombreuses plaintes concernant les CFF, La Poste ou Swisscom", a affirmé à l'ats Zeynep Ersan Berdoz, directrice des rédactions de "Bon à savoir". Les magazines ont répondu à l'intérêt de leurs lecteurs pour ces questions en publiant de nombreuses enquêtes et témoignages, a-t-elle ajouté.

Service public d'abord

En plus d'une hausse des prix et des tarifs, les consommateurs subissent un démantèlement des prestations, qui se manifeste entre autres par des guichets fermés ou des files d'attente toujours plus longues. L'initiative veut changer la donne: un service de qualité doit primer sur le profit pour les entreprises fédérales.

"Nous soutenons la devise 'service public d'abord, gains et profit après'", a lancé Peter Salvisberg. "Nous ne voulons pas miner les entreprises publiques", mais les bénéfices doivent être réinvestis pour offrir le meilleur service au meilleur prix.

L'initiative se dresse également contre les salaires élevés des dirigeants d'entreprises publiques. Elle demande que ces derniers ne soient pas davantage rémunérés qu'un conseiller fédéral, alors que le patron de Swisscom, par exemple, gagne aujourd'hui "jusqu'à quatre fois plus" que l'un des sept ministres.

Syndicats mécontents

Plusieurs syndicats ont fait connaître leur désapprobation à l'issue de la remise des signatures. "L'initiative déclencherait le contraire de ce qu'elle voulait au départ", a écrit dans un communiqué le syndicat du service public transfair.

Selon lui, ni la réduction du salaire des dirigeants, ni le réinvestissement forcé des bénéfices dans l'entreprise ne feront baisser les prix ou amélioreront la qualité du service public.

"L'initiative fait plus de mal que de bien" et opte pour des mesures risquées qui pourraient autant nuire aux consommateurs qu'au personnel, ont souligné dans un communiqué commun le syndicat du personnel des transports (SEV), celui des Services publics et celui des médias et de la communication syndicom.

/SERVICE


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