Des milliers de touristes désespérés tentent de quitter Acapulco

Les tempêtes tropicales qui ont fait au moins 48 morts au Mexique depuis la fin de la semaine dernière ont semé le chaos à Acapulco. Les hôtels ont dû rationner la nourriture destinée aux milliers de touristes bloqués sur place, lesquels attendent de pouvoir rentrer chez eux.

Beaucoup rêvaient de profiter du soleil et de la plage lors du week-end prolongé des fêtes de l'Indépendance mexicaine. Ils ont dû affronter des vents violents, des pluies torrentielles et des inondations. L'aéroport est inondé et les routes souvent impraticables.

Dans l'espoir d'obtenir un billet d'avion, des centaines de personnes patientaient mardi sur l'esplanade d'un centre de spectacles d'Acapulco, converti en centre d'opération des compagnies aériennes. Celui-ci est devenu aussi un refuge improvisé de quelque 2000 touristes qui ne pouvaient plus se loger.

Milagros, une Vénézuélienne venue avec son mari et sa fille de deux ans, a échangé depuis lundi sa luxueuse chambre d'hôtel pour le sol du Centre des conventions d'Acapulco, autre refuge pour un millier de personnes en attente.

"Nous sommes vraiment soucieux : nous n'avons plus d'espèces pour payer le supplément que pourrait exiger la compagnie aérienne pour avoir manqué notre vol", s'inquiète cette habitante de Caracas.

Gîte gratuit

Le groupement des hôteliers d'Acapulco s'est engagé à offrir un gîte gratuit jusqu'à mercredi aux quelque 15'000 à 20'000 de leurs clients bloqués. Mais nombreux sont ceux qui préfèrent les refuges improvisés, en dépit des conditions précaires, pour être plus près des accès aux trois compagnies aériennes qui, avec les vols militaires, ont déjà évacué mardi plusieurs centaines de touristes.

Les "ponts aériens" avec la capitale mexicaine opèrent directement de la piste de l'aéroport international d'Acapulco, dont les tours de contrôle ne fonctionnent pas. Le terminal de passagers est inutilisable car complètement inondé, de même que la zone de stationnement.

Problème de nourriture

"Nous attendons de voir si nous allons rentrer en avion ou s'ils vont rouvrir les routes. Mais le problème c'est la nourriture", dit Andres Guerra Gutiérrez, un Mexicain de 40 ans qui est venu vendredi avec 14 membres de sa famille.

Après quatre jours consécutifs de tempêtes, plus de la moitié d'Acapulco, une ville de 680'000 habitants, est inondée. En particulier, la périphérie et le quartier de Punta Diamante, une zone hôtelière.

Scènes de pillage

C'est dans cette zone que se sont déroulées des scènes de pillage. Des centaines de personnes ont attaqué un commerce et deux centres commerciaux, emportant nourriture, électroménager et matelas, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Nous ne pouvons pas les contenir. Nous sommes dans une situation d'urgence grave", dit un soldat affecté à des tâches de sécurité. Outre l'armée, des éléments de la Police fédérale ont été déployés dans cette ville frappée depuis des années par une vague de violences attribuée aux narcotrafiquants.

/SERVICE


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