Enfants placés: L'Union suisse des paysans ne veut pas payer

L'Union suisse des paysans ne compte pas participer au fonds de dédommagements des enfants victimes de la politique de placement. Un fonds d'aide immédiate, fort de 7 à 8 millions de francs, devrait permettre les premiers versements dès cet automne, mais sans l'USP.

"Nous pensons qu'il est juste de reconnaître les souffrances des enfants qui ont été placés de force", a déclaré à l'ats le conseiller national Jacques Bourgeois (PLR/FR), directeur de l'Union suisse des paysans revenant sur une information publiée dans la "Zentralschweiz am Sonntag". "Mais notre organisation n'a pas décidé de la politique de placement forcé des enfants; elle n'en a pas non plus placé elle-même".

L'USP renvoie donc la balle dans le camp des responsables, selon elle, c'est-à-dire la Confédération, les cantons et les organisations ayant placé des enfants. "S'il faut reconnaître les abus en matière de placement, on ne peut pas non plus incriminer tout le monde".

La décision de créer un fonds pour indemniser les victimes a été prise en octobre dernier à l'issue d'une deuxième table ronde à Berne sous la responsabilité de l'Office fédéral de la justice (OFJ). Un fonds d'aide immédiate, fort de 7 à 8 millions de francs, devrait permettre les premiers versements dès cet automne.

Mémoire et réparations

La Conférence des directeurs cantonaux des affaires sociales (CDAS) a adressé une lettre fin janvier aux gouvernements cantonaux pour leur demander de contribuer au financement à raison de 5 millions de francs. D'autres institutions ou organisations devraient alimenter le fonds d'aide immédiate en versant 2 à 3 millions supplémentaires.

Lors d'une commémoration le 11 avril 2013, Simonetta Sommaruga a présenté les excuses du gouvernement à ces enfants, adolescents et jeunes adultes que l'assistance sociale d'alors avait placés dans le cadre de mesures administratives de contrainte.

En Suisse, les orphelins et les enfants de familles pauvres ont été placés jusque dans les années 1960 dans d'autres foyers familiaux, le plus souvent chez des paysans. Ils devaient parfois travailler très dur pour mériter leur pain et leur logis. Certains font état de maltraitances graves et d'autorités détournant les yeux.

/ATS


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