L'ex-banquier Raoul Weil soupçonne des motivations politiques

L'ancien numéro trois d'UBS, Raoul Weil, acquitté il y a quelques jours des accusations de complicité de fraude fiscale aux Etats-Unis, soupçonne des motivations politiques derrière les poursuites engagées à son encontre. Il accuse la justice américaine d'employer une tactique d'usure.

"On voulait mettre UBS à genoux et forcer le gouvernement suisse à abandonner le secret bancaire, objectif qui a abouti", déclare dans une interview diffusée dimanche par la "NZZ am Sonntag" M. Weil, blanchi après un procès de trois semaines en Floride.

Pour l'ancien banquier, son cas a démontré que les comptes non déclarés sont en principe "complètement légaux". "Si la décision du juge était tombée plus tôt, probablement moins de banques suisses se seraient déclarées dans la catégorie 2 du programme américain de régularisation fiscale". Certaines banques l'ont fait par crainte, relève-t-il.

"Me cuisiner à petit feu"

Raoul Weil se montre dur avec le ministère public américain, qui l'a arrêté et inculpé. "On a essayé de me démoraliser". Il cite par exemple le fait que l'envoi de millions de pages à examiner non triées l'a contraint à une assignation à domicile de dix mois. Même en prison, il affirme avoir été victime d'intimidation. "On voulait me cuisiner à petit feu", s'insurge-t-il.

Il reproche également aux procureurs d'avoir cru trop facilement les déclarations des témoins, dont celles de Martin Liechti, le responsable des opérations du numéro un bancaire helvétique en Amérique du Nord.

Justice suisse critiquée

L'ancien responsable de la gestion de fortune chez UBS s'étonne que la justice suisse ne poursuive pas les témoins de l'accusation, qui ont passé un accord avec la justice américaine pour donner des informations sur les clients d'UBS en dépit du secret bancaire.

Pour M. Weil, le fait que ses avocats ont pu démontrer aux jurés que "tout n'était pas illégal depuis longtemps, contrairement à ce que le ministère public vendait comme étant illégal", a été décisif pour sa relaxe. Les procureurs ont mené une campagne "émotionnelle", selon lui.

/ATS


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