L'usam ne veut pas de la réforme "Prévoyance vieillesse 2020"

L'Union suisse des arts et métiers (usam) rejette la réforme "Prévoyance vieillesse 2020" du conseiller fédéral Alain Berset. Elle veut se contenter d'un relèvement de l'âge de la retraite favorable à l'économie, afin de faire face au manque de main-d'oeuvre qualifiée, qui pourrait s'aggraver suite au "oui" à l'initiative de l'UDC sur l'immigration.

La réforme simultanée de l'AVS et de la prévoyance professionnelle est trop chère, et "elle nous coûtera au moins un demi-point de croissance du PIB et des dizaines de milliers d'emplois", a affirmé lundi à Berne devant les médias le président de l'usam et conseiller national Jean-François Rime (UDC/FR), selon la version écrite de son intervention.

Afin d'assainir la prévoyance vieillesse et combattre le manque de main-d'oeuvre, il faut plutôt relever l'âge de la retraite par étapes, selon le président de la faîtière des PME. Celui des femmes doit par ailleurs être aligné sur celui des hommes.

Au lieu de le relever d'un coup, "il vaut mieux entreprendre une adaptation d'un ou deux mois chaque année", a poursuivi M. Rime. Ainsi, l'âge de la retraite augmenterait à peu près au même rythme que l'espérance de vie.

Travailleurs âgés bien intégrés

L'usam rejette également l'argument selon lequel l'économie n'emploierait plus de travailleurs âgés. "En Suisse, les travailleurs âgés sont au contraire très bien intégrés dans la vie active", a déclaré son directeur Hans-Ulrich Bigler, en s'appuyant sur des statistiques de la Confédération et du Bureau International du Travail.

Les travailleurs âgés qui ne trouvent plus de travail existent, mais il ne s'agit pas d'un phénomène de masse, plutôt de destins individuels, estime l'usam. Il faut donc que le relèvement progressif de l'âge du départ à la retraite soit assorti de mesures d'accompagnement.

Combattre les préjugés

Selon la faîtière, des améliorations sont nécessaires dans les domaines de la formation professionnelle initiale et continue. Il faut également combattre les préjugés contre les travailleurs âgés, et la politique salariale doit être plus flexible, estime encore la faîtière.

Pour le Conseil fédéral, l'AVS et le 2e pilier doivent être revus dans un même paquet. Les points centraux de sa réforme sont le relèvement de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans, un financement complémentaire de l'AVS par un relèvement maximal de la TVA de 1,5 point, ainsi que l'abaissement du taux de conversion du capital de prévoyance professionnelle en rente de 6,8 à 6% en quatre ans.

Le projet "Prévoyance vieillesse 2020" n'est pas seulement rejeté par les associations économiques et les partis bourgeois. La gauche et les syndicats combattent également certains aspects de la réforme.

/ATS


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