Le Conseil national balaie le salaire minimum à 4000 CHF

L'initiative de l'Union syndicale suisse (USS) pour un salaire minimum de 4000 francs par mois a fait chou blanc au Parlement. Comme le Conseil des Etats, le National a appelé mercredi par 128 voix contre 59 au rejet de ce texte. Le peuple aura le dernier mot l'an prochain.

Inspirée d'exemples jurassien et neuchâtelois, l'initiative populaire "pour la protection de salaires équitables" veut encourager les conventions collectives de travail (CCT). Pour les secteurs où cela n'est pas possible, un salaire minimum de 22 francs de l'heure devrait être introduit, soit une rémunération mensuelle de 4000 francs pour 42 heures hebdomadaires.

Niet bourgeois

Le camp bourgeois a fait bloc contre les revendications de l'USS. Pour la droite, les salaires minimaux sont une mauvaise solution. Le taux de chômage grimpera car les emplois qui ne peuvent être rémunérés qu'en dessous du seuil prévu disparaîtront.

Autres menaces brandies: les salaires seront nivelés par le bas, plus personne ne voudra faire un apprentissage rémunéré sous les 4000 francs par mois et les jobs pour étudiants disparaîtront. Le plancher fixé serait beaucoup trop élevé, comparé aux 9,43 euros par heure (11,80 francs) en France et aux 8,50 euros (10,3 francs) prévus en Allemagne.

Les partis bourgeois attribuent le succès économique suisse à la souplesse du marché du travail et au partenariat social, qui permet de mieux cibler les besoins par région et par branche. Un enthousiasme loin d'avoir conquis la gauche, qui rappelle que 50% des travailleurs ne sont pas couverts par une convention.

Pas de délocalisation selon la gauche

Pour le camp rose-vert, l'initiative de l'USS doit permettre d'assurer un train de vie décent aux plus démunis des salariés. Quelque 335'000 personnes, surtout des femmes, gagnent moins de 4000 francs par mois.

La gauche écarte le spectre d'une délocalisation des emplois en cas de victoire de l'initiative. Les bas salaires sont l'apanage de branches comme l'hôtellerie, le jardinage, la coiffure et l'agriculture et non pas des secteurs d'exportation.

/ATS


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