Le directeur de Swisscom justifie des tarifs jugés élevés

La Confédération estime que les prix des appels mobiles en Suisse sont élevés en comparaison européenne. Interrogé par l'hebdomadaire alémanique "SonntagsZeitung", le directeur général de Swisscom, Urs Schaeppi, critique la vision de Berne et défend les tarifs actuels, évoquant des "spécificités suisses".

Dans le marché de la téléphonie mobile, la Suisse se trouve "dans le milieu du classement" au niveau des tarifs, souligne Urs Schaeppi. Il relève que la construction et le maintien des réseaux y sont de 40 à 100% plus chers qu'ailleurs, à cause de la topographie et "des limites très strictes fixées pour les antennes".

Urs Schaeppi n'est pas non plus d'accord avec la Confédération, alors même que celle-ci est son actionnaire majoritaire, sur le thème de la concurrence, les autorités soutenant qu'elle n'est pas très marquée en Suisse.

"La concurrence est plus que vivante", affirme Urs Schaeppi, renvoyant au fait que "la Suisse possède les réseaux les plus rapides de toute l'Europe". Et pour les clients, le plus important est la qualité, et non le prix, ajoute-t-il.

Le directeur général de Swisscom prend le contre-pied du rapport sur les infrastructures de télécommunications de la Confédération. Le document relève que la facture des Helvètes est significativement plus élevée que celle des autres Européens.

Urs Schaeppi pointe un biais: les subventions pour les mobiles en Suisse, particulièrement élevées, n'ont pas été prises en compte dans cette comparaison".

Itinérance meilleur marché

Le patron de Swisscom n'attend pas de grands changements pour les tarifs des appels mobiles et de l'Internet mobile en Suisse, car "les investissements demeurent élevés". Par contre, ceux de l'itinérance (lorsque l'on téléphone ou surfe sur son portable à l'étranger) devraient chuter: "Nous allons à nouveau les baisser l'an prochain", promet M. Schaeppi, sans donner de détails.

Le Conseil fédéral a fixé mi-novembre les jalons de sa politique en matière de télécommunications. Il a maintenu son opposition à l'imposition de prix plafonds pour l'itinérance (parfois désignée par le mot anglais roaming).

Le gouvernement préfère se concentrer sur le modèle dit du Local Break Out (LBO), qui permet d’utiliser des services d’itinérance de données auprès d’un autre opérateur hors des frontières.

/ATS


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