Les autorités françaises lancent un plan de réindustrialisation

La France, forte d'une tradition d'ingénieurs et d'inventeurs mais dont l'industrie décline depuis des années, a lancé jeudi un ambitieux plan de réindustrialisation afin de se positionner comme un acteur incontournable pour les objets du futur, des tissus intelligents aux véhicules sans pilote.

"C'est une nouvelle France industrielle qu'il convient de promouvoir", a déclaré le président François Hollande en annonçant son plan d'action en 34 volets.

La France "doit renouveler sa production, proposer de nouveaux objets, utilisant les dernières avancées technologiques, les derniers équipements, les dernières machines, les dernières propositions de la création industrielle", a-t-il fait valoir.

Certains des projets ont déjà été lancés comme la voiture consommant 2 litres aux 100 km ou le "TGV du futur". Les 34 plans couvrent un vaste éventail de secteurs: transports (véhicule sans pilote, avion électrique), textile, bois, chimie verte, réseaux électriques, numérique, robotique, biotechnologies médicales, nano-électronique, objets connectés, etc.

L'Etat interviendra à travers la législation, les moyens fiscaux, les commandes, mais aussi avec des financements publics comme le plan d'investissements d'avenir, a encore expliqué le chef de l'Etat.

Au total, 3,7 milliards d'euros d'argent public pourraient être consacrés aux plans, avec l'objectif que l'investissement privé prenne le relais à un niveau supérieur.

Se repositionner "dans la mondialisation"

La France a perdu 750'000 emplois industriels en dix ans et enregistré un recul de six points de la place de l'industrie dans le produit intérieur brut, creusant son déficit commercial, qui a dépassé 60 milliards d'euros, a rappelé le président.

Paris veut donc repasser à l'"offensive" avec trois grands axes stratégiques: la transition énergétique et environnementale, la santé et le numérique.

"Ces 34 plans ont pour but de nous repositionner dans la mondialisation et de nous rendre plus forts", a expliqué le ministre du redressement productif (chargé de l'industrie), Arnaud Montebourg. "L'essentiel sera financé par l'investissement privé", a-t-il précisé.

"Pour un euro d'argent public prêté, pas subventionné mais prêté, nous espérons en recueillir dix fois plus", a ajouté le ministre. Il compte unir "public et privé" que ce soit pour les capitaux ou la recherche. "Nous attendons de tout cela, en dix ans, 475'000 emplois recréés, avec 45 milliards de valeur ajoutée créée en plus sur le sol français", a précisé Arnaud Montebourg.

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