Les autorités kurdes prennent le contrôle du pétrole près d'Erbil

A Erbil, les Kurdes ont annoncé vendredi s'être emparés de champs pétroliers, éloignant encore un peu plus la perspective d'un gouvernement d'union. Et à Ramadi, chef-lieu de la province d'Al-Anbar (ouest), des combats meurtriers opposaient les forces irakiennes à des insurgés.

Des insurgés sunnites ont lancé jeudi après-midi une offensive près de Ramadi, prenant plusieurs secteurs à l'ouest de la ville et tuant 11 policiers, selon un officier et un médecin.

Une éventuelle chute de Ramadi, où ils sont présents depuis janvier, représenterait une avancée majeure pour les insurgés, qui contrôlent depuis un mois de vastes pans de territoires dans cinq provinces de l'ouest, du nord et de l'est du pays.

Champs pétroliers en mains kurdes

Tandis que l'armée se bat à Ramadi, les autorités kurdes ont affirmé à Erbil que leurs forces s'étaient emparées de deux champs pétroliers près de la ville disputée de Kirkouk (nord), dont elles avaient déjà pris le contrôle en juin à la faveur de la crise.

La production de ces champs, estimée par le ministère du Pétrole à Bagdad à 400'000 barils par jour, "va servir d'abord à faire face à la pénurie de produits raffinés sur le marché intérieur", a annoncé le gouvernement kurde dans un communiqué, précisant que le personnel était invité à coopérer ou à partir.

Nouvelle escalade

Cette initiative marque une nouvelle escalade dans les tensions entre Erbil et Bagdad. Jeudi, les autorités kurdes, qui ont déjà annoncé leur volonté de tenir rapidement un référendum d'indépendance, ont demandé à M. Maliki de quitter le pouvoir, le qualifiant d'"hystérique" après ses déclarations accusant la province autonome d'être le quartier général des insurgés.

Les ministres kurdes ont en outre annoncé qu'ils boycottaient les réunions du Conseil des ministres.

Appel du grand ayatollah

Ces tensions compromettent les tentatives de formation d'un gouvernement d'unité nationale qui permettrait à la classe politique de présenter un front uni face à l'offensive fulgurante lancée le 9 juin par des insurgés sunnites menés par les jihadistes ultra-radicaux de l'Etat islamique (EI).

Le grand ayatollah Ali Al-Sistani, plus haute autorité religieuse chiite du pays, a de nouveau appelé vendredi les politiques irakiens à cesser de se quereller et se hâter de choisir un nouveau gouvernement.

Mais en dépit de ces appels, M. Maliki, vivement critiqué pour son autoritarisme et son choix de marginaliser la minorité sunnite, a affirmé qu'il ne se retirerait jamais.

Attentat à Kirkouk

Enfin à Kirkouk, ville disputée désormais tenue par les forces kurdes, treize personnes ont été tuées dans un double attentat, a rapporté Sabah Mohammad Amin, responsable médical à Kirkouk. Il a touché un poste de contrôle dans le sud de la ville, suivi par l'explosion d'une bombe.

Quatre femmes, deux enfants et deux policiers figurent parmi les victimes d'un attentat-suicide à la voiture piégée et de l'explosion d'une bombe. Les deux attentats ont fait également 21 blessés.

/ATS


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