Les banquiers suisses critiques face aux tendances protectionnistes

Le secteur bancaire helvétique se dit résolument opposé au protectionnisme qui se dessine et qui restreint l'accès aux marchés étrangers. Pour l'Association suisse des banquiers (ASB), la réglementation doit rester dans les limites du nécessaire.

L'ASB rejette toute tendance au repli, a-t-elle fait savoir mardi à Zurich à l'occasion de la Journée des banquiers. Une réunion placée sous le signe des grands défis qui attendent la place financière suisse afin de préserver sa compétitivité.

Pour éviter les reproches, la Suisse doit adhérer à certaines règles internationales reconnues, souligne l'association faîtière. Mais elle rejette toute contrainte supplémentaire allant au-delà, selon son credo "Oui à l'équivalence, non au Swiss finish systématique", a résumé son président Patrick Odier devant la presse.

Dans la compétition entre blocs régionaux, la Suisse se retrouve souvent "bien seule" à défendre ses intérêts, souligne l'ASB. Pour faire front, l'organisation compte quant à elle sur la nomination, mardi, d'Axel Weber et d'Urs Rohner, présidents d'UBS respectivement de Credit Suisse, au sein de son conseil d'administration.

Décisions prises

Le renouvellement du modèle traditionnel est nécessaire, a soutenu le président de l'ASB. Pour lui, les principales décisions concernant l'intégrité de la place financière suisse ont déjà été prises. Avec pour résultat, un secteur parmi les mieux capitalisés au monde.

Les banques ont aussi dû régler un héritage devenu soudain encombrant, a poursuivi M. Odier. Ici, la Suisse a rapidement réagi pour se conformer aux nouveaux standards internationaux, comme l'échange automatique de renseignements en matière fiscale, que le G20 doit avaliser cet automne, ou les demandes groupées.

Mais ces mesures ne suffisent pas pour préserver sur le long terme la compétitivité et les emplois, estime l'ASB. Selon des études récentes, la place financière suisse croîtra deux fois moins vite que les concurrents de Londres et des Etats-Unis et trois fois moins que Hong Kong et Singapour au cours des cinq prochaines années.

Négociations individuelles

Pour éviter les délocalisations d'emplois, les banques helvétiques doivent pouvoir continuer à fournir des prestations transfrontalières. La clientèle privée étrangère de gestion de fortune représente 2000 milliards de francs, dont 40% issus des clients européens.

Si la Suisse ne veut pas être exclue de son principal marché, Berne doit négocier rapidement des accords individuels avec les Etats membres de l'UE, exhorte l'ASB. En particulier, avec ceux qui fournissent la majeure partie des clients, soit l'Allemagne, la France, l'Italie et l'Espagne.

/ATS


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