Les parlementaires somaliens votent la défiance au Premier ministre

Le parlement somalien a provoqué lundi, par une motion de censure, la chute du Premier ministre Abdi Farah Shirdon. Ce dernier est en conflit avec le président Hassan cheikh Mohamud au sujet de la composition du prochain gouvernement.

La motion a recueilli 184 voix pour et 65 contre lors d'un vote à main levée, a précisé Mohamed Osman Jawari, président du Parlement. "L'actuel Premier ministre et son gouvernement continueront leur travail jusqu'à la nomination d'un nouveau Premier ministre et d'un nouveau gouvernement", a-t-il ajouté. Aucun délai n'est prévu par la Constitution pour la nomination d'un nouvel exécutif.

Les députés "ont refusé que je m'exprime, alors que le gouvernement était sous le feu des critiques et c'est inacceptable; même un accusé a le droit de se défendre", a protesté le Premier ministre sortant quelques minutes avant le vote.

Guerre civile depuis 1991

Ce conflit était susceptible de déboucher sur une grave crise institutionnelle, à peine plus d'un an après l'entrée en fonction de cet exécutif, alors présenté comme le meilleur espoir de paix pour la Somalie, privée de réelle autorité centrale et plongée dans le chaos et la guerre civile depuis la chute du président Siad Barre en 1991.

L'origine du conflit est peu claire, mais des hommes politiques somaliens ont mis en avant des affaires de corruption et des questions de loyauté, combinées au complexe système clanique somalien, dans lequel chaque groupe communautaire est censé trouver sa place au sein du pouvoir.

Les tensions ont éclaté au grand jour début novembre, quand la gouverneure de la Banque centrale Yussur Abrar, en place depuis moins de deux mois, a annoncé sa démission depuis Dubai, affirmant, malgré les démentis du gouvernement, avoir subi des pressions pour prolonger des contrats douteux.

La Banque centrale "caisse noire"

Son prédécesseur, Abdusalam Omer, avait dû démissionner en septembre, quand des experts de l'ONU avaient dénoncé des détournements de millions de dollars et accusé la Banque centrale d'être devenue une "caisse noire" de dirigeants somaliens, des accusations elles aussi démenties par Mogadiscio.

/ATS


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